Rhinoplastie

Une intervention courante, mais minutieuse

Elle est l’une des interventions les plus pratiquées en chirurgie esthétique et aussi l’une des plus minutieuses. la rhinoplastie, qui Consiste à corriger ou à réparer les défauts esthétiques d’un nez, répond à des exigences spécifiques et ne peut être confiée qu’à des chirurgiens esthétiques formés et avertis.

Dr Fayçal El Kouhen

Chirurgien esthétique – Casablanca

Doctinews N° 50 Décembre 2012

 

Trop long, trop court, trop large, bossu, déformé à la suite d’un traumatisme… le nez, élément « central » du visage, est souvent source de complexes pour bon nombre de personnes, et un motif de consultation courant en chirurgie esthétique. La rhinoplastie à visée esthétique, qui permet le remodelage du nez, s’attache à corriger ces imperfections avec, pour objectif, de respecter l’harmonie du visage.

 

Il ne faut pas passer à côté d’une dysmorphophobie que seule l’expérience aide à déceler

Analyser le bien-fondé de la demande

Pour le chirurgien, avant d’entreprendre toute démarche liée à l’intervention, il convient d’analyser précisément les motivations du patient. « Il faut savoir déconseiller une rhinoplastie », indique le Dr Fayçal El Kouhen, chirurgien esthétique. « Certains patients sont dans une recherche vaine d’une beauté inaccessible. D’autres formulent des demandes infondées ou irréalisables. Il ne faut pas passer à côté d’une dysmorphophobie que seule l’expérience aide à déceler ». L’appréciation du profil psychologique du patient constitue donc une première étape de la rhinoplastie et l’expérience du praticien trouve, à ce stade, toute sa place. Il est important, également, d’instaurer un climat de confiance et de proposer une information claire et détaillée au patient. La rhinoplastie est avant tout un acte chirurgical qui nécessite le recours à une anesthésie et comporte des suites opératoires. Les consultations pré-opératoires permettent de préciser le projet chirurgical que des outils tels que les logiciels de morphing aident à s’approprier. « Le bilan photographique est capital puisqu’il permet de travailler un projet. Il présente également un intérêt médico-légal », assure le Dr Fayçal El Kouhen.
Au cours de ces consultations, le praticien évalue l’épaisseur et l’élasticité de la peau, réalise un examen endo-nasal pour apprécier l’état de la cloison et des fosses nasales et étudie avec précision la pyramide nasale pour déterminer les gestes à effectuer et la faisabilité du projet. Il doit avant tout tenir compte de l’ensemble du visage pour respecter son harmonie et son identité. Là est le secret d’une rhinoplastie réussie.

 

Réduction ou augmentation

Les deux principaux types d’interventions concernent la rhinoplastie de réduction ou la rhinoplastie d’augmentation. La première vise à éliminer les « excès » sur un nez trop long, trop gros, des narines trop larges, une pointe qui tombe ou un nez à bosse, par exemple. L’intervention s’effectue sur le cartilage, l’os ou la peau. Pour améliorer, par exemple, la forme d’une pointe de nez, le chirurgien pratique une excision de l’excès de cartilages situés à ce niveau. Lorsqu’il s’agit d’enlever la bosse du nez, il utilise une râpe ou un ostéotome (scie à os) en fonction de la taille de la bosse. Pour affiner la largeur du nez dans sa partie haute, le praticien effectue volontairement des fractures du nez pour mobiliser et rapprocher les os.
La rhinoplastie d’augmentation s’attache à combler, par greffe de cartilage ou d’os, des insuffisances (nez trop court, pointe écrasée…). Les greffons sont prélevés sur le patient lui-même, à partir de l’os pariétal ou de l’os iliaque, essentiellement pour les greffons osseux. Les greffons cartilagineux proviennent de la cloison nasale ou de la conque de l’oreille dans la majorité des cas. Le recours aux implants n’est envisagé que lorsque la greffe n’est pas réalisable.

 

Déroulement de l’intervention

L’intervention se déroule généralement sous anesthésie générale, mais elle peut être réalisée sous anesthésie locale associée à une sédation si le patient le souhaite. Le chirurgien pratique des incisions le plus souvent dissimulées à l’intérieur des narines. Certaines interventions nécessitent des incisions externes, réalisées à travers la columelle (le tissu mou externe à l’extrémité du septum nasal) ou dans le pli des ailes du nez pour laisser une cicatrice discrète. A partir de ces incisions, le praticien accède à la charpente osseuse et cartilagineuse par décollement de la peau. A l’issue de l’intervention, le nez est recouvert d’un pansement modelant et des mèches sont placées à l’intérieur des fosses nasales. La pose d’une attelle dépend du type d’intervention.
Même si les suites opératoires ne sont en général pas douloureuses, la récupération n’est pas immédiate et le repos est vivement conseillé les jours suivants l’intervention. Les mèches, qui empêchent la respiration par le nez, provoquent une gêne que le patient doit supporter entre un à cinq jours. L’apparition d’un hématome et d’ecchymoses au niveau des paupières est fréquente. Lorsqu’une attelle a été posée, il faut attendre entre 5 à 8 jours avant de la remplacer par une plus petite.
La sortie se fait en général le lendemain de l’intervention et il faut compter 8 à 10 jours d’éviction sociale.
Le résultat esthétique est visible après deux à trois mois de patience. Le résultat final escompté est obtenu entre six mois et un an plus tard.

 


 

Interview,

Dr Fayçal El Kouhen, chirurgien esthétique

Doctinews. Quelles sont les principales motivations des candidats à une rhinoplastie à visée esthétique ?
La plupart des patients qui se présentent en consultation sont candidats à l’ablation de la bosse du nez. Cette demande constitue la principale motivation. Les autres demandes concernent le redressement d’un nez dévié, le redressement d’une pointe tombante ou l’affinement d’une pointe épaisse. Il s’agit, en général, de patients complexés et freinés dans leur épanouissement personnel, social et professionnel.

Quelles précautions faut-il prendre en amont et en aval de l’intervention ?
La première précaution consiste à s’assurer que la demande du patient est fondée et mûrement réfléchie. Face à un jeune patient, il est également important de vérifier que la croissance est arrivée à son terme. La rhinoplastie peut être pratiquée dès l’âge de 17 ans chez les filles et 18 ans chez les garçons, mais il faut tenir compte de la maturité psychologique et de l’état de l’avancement de la croissance qui se mesure à l’aide d’une radiographie du poignet. Ensuite, il est capital de dispenser une information claire et détaillée au patient car la rhinoplastie est avant tout un acte chirurgical pratiqué sous anesthésie. Le patient doit connaître les risques et contraintes liés à l’anesthésie. Un bilan pré-opératoire doit être réalisé et les patients sous traitement anticoagulants doivent interrompre la prise de médicaments une dizaine de jours avant l’intervention. Bien entendu, le patient doit se présenter à jeun le jour de l’intervention.
A l’issue de l’intervention, le patient devra éviter tout risque de traumatisme sur le nez et tout mouchage excessif. Le port de lunettes est à proscrire au cours des trois mois suivants, tout comme la pratique de sports violents. Enfin, les régions ecchymotiques doivent être protégées de l’exposition au soleil jusqu’à résorption complète des ecchymoses.

La rhinoplastie dite secondaire est destinée à corriger les imperfections de résultats obtenues à l’issue d’une première intervention. A quoi sont dues ces imperfections ?
La chirurgie du nez est sans doute l’une des plus difficiles à réaliser. Cet organe est la seule région du corps où cohabitent os, cartilage, muscles, muqueuse et peau. Il est donc indispensable de bien connaître l’anatomie du nez pour pratiquer une rhinoplastie. Plusieurs facteurs participent à l’apparition d’imperfections de résultat. Il peut s’agir d’un phénomène cicatriciel inattendu ou de réactions tissulaires spécifiques. Lorsque la peau du nez du patient est fine, les irrégularités osseuses sont plus visibles. Dans d’autres cas, ces « imperfections » révèlent une incompréhension entre le chirurgien et son patient. Il est toujours possible de corriger les imperfections par une deuxième chirurgie, la rhinoplastie dite secondaire, qui ne sera réalisée qu’un an après la première intervention. Heureusement, ces cas sont assez rares.

 

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