La médecine morphologique et anti-âge

Prévenir pour vivre mieux

Si la médecine conventionnelle a plutôt tendance à traiter un organe ou un tissu, la médecine morphologique et anti-âge est avant tout une médecine préventive qui se distingue par une prise en charge globale pour aider le patient à mieux vivre en bonne santé.

Avec la collaboration du Dr Mouna Benabdallah,

Omnipraticienne et diplômée en médecine morphologique, esthétique, anti-âge et micro-nutrition (Paris XIII).

Doctinews N° 53 Mars 2013

 

«Aujourd'hui, avec l'allongement de l'espérance de vie, chacun aspire à rester en bonne santé le plus longtemps possible. En luttant contre le vieillissement accéléré, à l'origine de certaines pathologies, il est possible de mieux vivre en bonne santé », explique le Dr Mouna Benabdallah, omnipraticienne et diplômée en médecine morphologique, esthétique, anti-âge et micro-nutrition (Paris XIII).

Un interrogatoire complet
Chaque consultation en médecine morphologique et anti-âge débute par un interrogatoire minutieux qui tient compte des antécédents familiaux, des pathologies éventuelles, des traitements médicamenteux, de l'hygiène de vie… Cet interrogatoire permet au praticien de poser le cadre dans lequel évolue le patient pour, ensuite, proposer une démarche thérapeutique adaptée. « Nous nous intéressons aux habitudes alimentaires, au fonctionnement intestinal, à l'état hormonal, au bien-être physiologique et psychologique du patient… autant d'éléments qui orienteront sur la nature du bilan à prescrire et celle du suivi à mettre en place par la suite. La médecine morphologique et anti-âge est en effet une médecine préventive qui se préoccupe de l'intérieur comme de l'extérieur et considère l'individu comme un être à part entière. Elle propose une prise en charge de l'organisme dans son ensemble pour conserver son équilibre ou le rétablir », poursuit le Dr Benabdallah. L'interrogatoire est complété par un examen clinique et un test d'impédancemétrie qui permet d'obtenir le pourcentage de graisse, d'eau, de masse maigre, de masse musculaire et de masse osseuse du patient. Ces indications aident à déterminer l'âge métabolique, qui pourra être corrigé si besoin. « Certaines personnes ont un âge métabolique de 50 ans, alors qu'elles sont âgées de 40 ans », indique la spécialiste. « En général, lorsque l'âge métabolique d'un individu est supérieur à son âge réel, nous sommes souvent en présence d'un surpoids. Une rééquilibration de l'alimentation permet alors de rétablir l'équilibre ».

La médecine morphologique et anti-âge est personnalisée en fonction des besoins et de la demande.



Corriger les déficits
Pour le Docteur Mouna Benabdallah, le rééquilibrage alimentaire n'est pas synonyme de régime. Il s'agit, avant tout, de corriger les déficits en micronutriments (vitamines, antioxydants, acides gras ou acides aminés). Hippocrate disait : « Ton aliment sera ton premier médicament ». L'alimentation, en effet, contribue au bon fonctionnement des cellules de l'organisme et permet de prévenir l'apparition de certaines pathologies liées au vieillissement accéléré. «Nous disposons aujourd'hui de bilans nutritionnels qui permettent de déterminer la constitution de la membrane de la cellule. Les examens sont réalisés au Maroc et adressés en Belgique pour interprétation », relève le Dr Benabdellah. En médecine morphologique et anti-âge, il n'existe pas de règle unique dans la prise en charge du patient. Elle est personnalisée et adaptée en fonction des besoins et de la demande. Les examens prescrits, par exemple, diffèrent en fonction de l'âge du patient et de ses habitudes de vie. « Il est possible de prescrire une mammographie ou un frottis à une patiente qui n'est pas suivie régulièrement en parallèle, une radiographie des poumons à un patient fumeur, un bilan biologique complet avec recherche de cholestérol, de triglycérides, de sucre, de ferritine, de marqueurs d'une inflammation…, une coloscopie en cas d'antécédents familiaux de cancers colorectaux… En cas de doute ou si les résultats révèlent une pathologie, nous référons le patient à un spécialiste », continue-t-elle.

Penser à soi
Le bien–être est un autre aspect de la prise en charge du patient. « Il faut prendre le temps de s'occuper de soi, de se faire plaisir. Le bien-être participe au maintien en bonne santé », insiste la spécialiste. « Beaucoup de patients négligent cet aspect et notre rôle consiste à les accompagner dans ce sens. Nous nous aidons de compétences diverses lorsque cela est nécessaire, en fonction des centres d'intérêts et des besoins des patients. » Certains gestes esthétiques aident également les patients à se sentir mieux dans leur corps. Dans ce domaine, les interventions proposées consistent à agir sur les signes extérieurs du vieillissement physiologique tels que les rides, la déshydratation, le relâchement des tissus, les dépôts de cellulite. « Ces gestes, qui ne sont pas invasifs, ne visent pas à transformer un patient. Il s'agit simplement de lui redonner bonne mine », conclut le Dr Mouna Benabdallah.

Trois questions au Dr Mouna Benabdallah
À quel type de patients s'adresse la médecine morphologique et anti-âge ?
La médecine morphologique et anti-âge est avant tout une médecine préventive. Or, la prévention s'exerce à tout âge, depuis l'enfance jusqu'à un âge plus avancé. Cependant, beaucoup de patients consultent aux alentours de la quarantaine, période au cours de laquelle l'aspect de la peau se modifie, le corps change sous l'effet des déséquilibres hormonaux, la récupération n'est plus la même après un effort ou un excès… Ce processus est naturel, mais des attitudes et des gestes simples permettent de prévenir non pas le vieillissement, mais le vieillissement accéléré.

En quoi l'équilibre alimentaire participe-t-il, pour une grande partie, à prévenir le vieillissement accéléré ?
Notre organisme a besoin de micronutriments (vitamines antioxydants, gras ou acides aminés) pour bien fonctionner. Les vitamines B6, B9 et B12, par exemple, contribuent à la bonne duplication des cellules qui se renouvellent sans cesse, selon des cycles qui diffèrent en fonction des organes. Une mauvaise duplication de l'ADN peut conduire au mauvais fonctionnement d'une protéine comme un récepteur hormonal, par exemple. De même, pour que la membrane cellulaire, constituée d'acides gras, conserve une bonne souplesse et assure correctement les échanges cellulaires, il faut lui fournir les bons acides gras, notamment des Oméga 3 longue chaîne. Or, beaucoup de personnes sont déficitaires en Oméga 3 car elles ne consomment pas suffisamment de poissons gras. L'huile de colza, par exemple, renferme de l'acide alpha-linolénique, que notre organisme transforme en Oméga 3 longue chaîne grâce à des enzymes. Mais ces enzymes fonctionnent moins bien avec l'âge, en période de stress, en cas de diabète… D'où l'intérêt, chez un patient déficitaire, de complémenter son alimentation. Nous sommes également de plus en plus en contact avec des matières polluantes, des pesticides… et notre organisme doit lutter encore plus pour éliminer ces toxines. Il faut donc lui fournir les éléments nécessaires en quantité suffisante. Ni trop, ni trop peu, car les excès en micronutriments sont tout aussi nocifs que les déficits.

Les soins à visée esthétique sont-ils incontournables dans le cadre de la médecine morphologique et anti-âge ?
Les soins à visée esthétique sont-ils incontournables dans le cadre de la médecine morphologique et anti-âge ? La médecine morphologique et anti-âge agit à deux niveaux, au niveau interne et au niveau externe. Au niveau externe, il s'agit d'intervenir sur les signes extérieurs du vieillissement tels que les rides, par exemple, uniquement lorsque le patient le souhaite. Comme je l'expliquais plus haut, les gestes que nous pratiquons ne sont pas invasifs et ne visent pas à transformer le patient. L'acide hyaluronique, par exemple, est naturellement présent dans la peau. Avec l'âge, la synthèse diminue. Les injections contribuent à une meilleure hydratation et permettent de combler les rides. Le traitement de la cellulite répond au même objectif. La graisse de type gynoïde, qui s'installe au niveau des hanches et des cuisses chez la femme, est physiologique et joue un rôle de réservoir énergétique. La présence de cellulite est aggravée par les troubles circulatoires (insuffisance veineuse, oedème, troubles de la circulation lymphatique). Plutôt que de l'éliminer au risque de la voir réapparaître ailleurs, il est plus judicieux de procéder à un drainage lymphatique pour rétablir la circulation de la lymphe, éliminer les toxines et remodeler le corps. Ces soins répondent au désir naturel de plaire exprimé par les femmes, et de plus en plus par les hommes.

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