Aromathérapie

Le pouvoir des huiles essentielles

Thérapeutique utilisant les huiles essentielles végétales par voie interne ou externe*, l’aromathérapie n’a pas fini de livrer ses secrets. Les huiles essentielles sont d’ailleurs considérées par certains professionnels comme d’excellents candidats pour relayer les antibiotiques. Utilisées rationnellement et avec précaution, elles participent certainement à l’amélioration de la santé.

Dr Mustapha Akhmisse

Président de l’Association marocaine de recherche en médecine traditionnelle et orthopédiste rhumatologue

Doctinews N° 49 Novembre 2012

 

La médecine douce, basée sur les propriétés des plantes, n’est pas une médecine nouvelle. Elle s’appuie sur des pratiques ancestrales que la médecine moderne a enrichies de critères d’évaluation scientifiques. L’utilisation des huiles essentielles à des fins thérapeutiques, ou aromathérapie, en est un exemple concret. Elle a acquis sa valeur scientifique grâce aux travaux de nombreux chercheurs tels que Valnet, Belaiche, Duraffourd, Sévelinge, Pellecuer, Pénoël, Franchomme, Mailhebiau, etc., qui sont parvenus à démontrer les propriétés thérapeutiques de certaines molécules contenues dans les huiles essentielles. Et les recherches se poursuivent.

 

Le chémotype, une notion fondamentale

Aujourd’hui, donc, il existe une classification biochimique des huiles essentielles à partir de leur chémotype (type chimique), c’est-à-dire la molécule majoritaire contenue dans la substance qui lui confère ses propriétés thérapeutiques (voir tableau de classification).
Cette notion fondamentale a été introduite par le scientifique Pierre Franchomme et le Dr Daniel Pénoël dans un ouvrage qui sert aujourd’hui encore de référence : « L’aromathérapie exactement ».

 

L’utilisation des huiles essentielles à des fins thérapeutiques, ou aromathérapie, en est un exemple concret.

Pour identifier le chémotype d’une huile essentielle, les scientifiques utilisent la chromatographie, une technique qui permet de déterminer la composition complète et parfois très complexe d’une huile. Certaines huiles renferment en effet de très nombreux composants (entre 50 et 100) et même si un seul de ces constituants chimiques est majoritaire (parfois deux ou trois), l’action globale est influencée et complétée par des molécules secondaires.
La connaissance du chémotype d’une huile est un préalable incontournable et indispensable à toute utilisation. Il faut savoir, en effet, que de nombreux facteurs interviennent dans la formation du chémotype comme, par exemple, la partie de la plante dont l’huile a été extraite, le stade de développement de la plante (avant ou après la floraison), l’origine géographique, la variété dans une même espèce… (voir encadré). Un exemple souvent cité dans la littérature concerne le thym (thymus vulgaris) dont l’huile essentielle peut renfermer différents chémotypes (thymol, thuyanol, carvacrol, géraniol, linalol, terpinéol, cinéole, paracymène) à effets parfois contradictoires. Ainsi, le thymus vulgaris à thujanol permet la régénération du foie, tandis que le thymus vulgaris à thymol se révèle hépatotoxique. D’où l’impérative nécessité de n’utiliser que des huiles essentielle certifiées authentiques et chémoypées (Huile Essentielle ChémoTypée-HECT) 100 % pures, 100 % naturelles et 100 % intégrales.

 

D’innombrables propriétés

Les propriétés thérapeutiques décrites des huiles essentielles sont vastes. Certaines aident à combattre les virus responsables de l’herpès, du zona, de la grippe (propriétés antivirales), d’autres permettent de traiter des mycoses (propriétés antifongiques), d’autres encore renferment des propriétés anti-inflammatoires, anticoagulantes, immunostimulantes, cicatrisantes, à visée neurotrope…. Il en est d’autres encore qui recèlent un pouvoir antibactérien qui intéresse d’ailleurs de plus en plus les microbiologistes. En effet, l’utilisation massive des antibiotiques et les nombreuses résistances développées par certaines souches de germes conduisent à considérer les huiles essentielles comme d’excellents candidats pour relayer les antibiotiques.
La mesure du pouvoir antibactérien d’une huile suit le même principe que l’antibiogramme, à cela près que les huiles essentielles remplacent les antibiotiques. Pour réaliser un aromatogramme, le terme approprié, il suffit donc de déposer des germes pathogènes sur un milieu nutritif. Les colonies microbiennes qui se forment sont ensuite mises en contact avec différentes huiles essentielles dans des boîtes de Pétri. Le halo d’inhibition qui se forme révèle le spectre d’activité antimicrobienne. Si un certain nombre d’huiles essentielles sont désormais connues pour leurs propriétés antibactériennes, et plus particulièrement celles qui contiennent des phénols, les résultats des recherches en cours pourraient allonger la liste et peut-être ouvrir de nouvelles perspectives. D’autant qu’il est admis que les HECT, lorsqu’elles sont administrées selon une posologie bien dosée, n’induisent pas de résistances des germes. Elles n’atteignent pas le système immunitaire et n’ont pas d’action « négative sur la flore intestinale ».

 

À administrer au compte-gouttes

Le mode d’administration sera déterminé en fonction de la pathologie ou du trouble à soigner et de la nature de l’huile. Il peut s’agir de la voie orale (gélules, capsules gastro-résistantes, oléocapsules, gouttes), de la voie cutanée (patchs disponibles maintenant au Maroc et vendus en pharmacie et parapharmacie et gouttes à diluer dans un vecteur comme de l’huile végétale), de la voie aérienne (inhalation, diffusion) ou encore de la voie rectale ou vaginale (suppositoire ou ovule). Une attention toute particulière doit être portée à la posologie, souvent proche du seuil de toxicité. Elle est limitée à quelques gouttes par jour ou par semaine ; là encore, tout dépend de la pathologie à traiter et des principes actifs de l’huile. La prescription doit également tenir compte des interactions médicamenteuses pour les patients déjà sous traitement.
Un certain nombre d’autres précautions sont à respecter. Ainsi, les huiles essentielles sont contre-indiquées chez la femme enceinte car certaines d’entre elles peuvent être toxiques pour l’enfant à naître. Elles le sont également chez le jeune enfant. Par ailleurs, elles ne doivent jamais être appliquées pures sur la peau et les muqueuses en raison du pouvoir irritant de certaines d’entre elles.
D’une manière générale, il convient de prendre conseil auprès de professionnels avertis car les huiles essentielles renferment des molécules -ou principes actifs- parfois dangereuses pour la santé.

 

Classification des huiles essentielles

Sur la base des molécules

 

* Définition issue du Dictionnaire des termes de médecine


 

Huile thérapeutique
Les critères de qualité

L’obtention d’une huile essentielle de qualité thérapeutique se révèle être un processus particulièrement délicat car cette H.E.C.T. doit impérativement répondre à de nombreux critères de qualité.

La certification botanique
L’appellation de la plante doit préciser le genre, l’espèce, la sous-espèce, le cultivar afin d’empêcher toute erreur issue des noms vernaculaires.
Ex.: Aniba rosaeodora var. amazonica - Helichrysum italicum ssp. serotinum

L’origine géographique
Le nom du pays ou d’une région apporte des précisions intéressantes sur le biotope (l’environnement) de la plante aromatique et caractérisera sa composition biochimique particulière.

Le mode de culture
Cette précision vous dira si la plante est sauvage ou cultivée et issue d’une culture biologique (label BIO) ou non.

Le stade de développement botanique
Les caractéristiques des chémotypes dépendent parfois du stade de développement : cueillette avant, pendant ou après floraison.

L’organe distillé (ou expressé pour les zestes de Citrus uniquement)
La composition biochimique des huiles essentielles chémotypées varie en fonction de la partie ou organe de la plante distillée.
Le mode d’extraction
La composition des H.E.C.T. peut varier selon le mode d’extraction utilisé : distillation, hydro-distillation, percolation, expression.

Le chémotype ou chimiotype
L’analyse par chromatographie en phase gazeuse couplée au spectromètre de masse indique les molécules fondamentales pour une bonne utilisation des HECT.


Source : « Huiles essentielles chémotypées et leurs synergies » Dr. A. Zhiri - D. Baudoux

 

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