Rajeunissement du visage

Rajeunissement du visage 07 juin 2019

 La voie de la toxine botulique

La toxine botulique est utilisée en dermatologie, chirurgie plastique et médecine esthétique pour atténuer les rides qui apparaissent sur le visage et le cou. Injectée localement, son effet dure entre 4 et 6 mois. Elle constitue une alternative intéressante aux autres techniques de rajeunissement du visage, notamment la chirurgie.

Doctinews N°121 Mai 2019


 Avec la
collaboration du
Dr Ahmed BOURRA

Professeur de dermatoesthétique titulaire d'un diplôme international de médecine esthétique-Expert assermenté auprès des tribunaux


 

 Les rides du visage et du cou sont une expression du vieillissement cutané. Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène, notamment l’âge, l’exposition au soleil ou à la lumière des lampes ultra-violet, la ménopause et l’andropause. Le stress, la pollution atmosphérique, le tabac, l’abus d’alcool et la malnutrition peuvent accélérer ce phénomène physiologique. Généralement, le processus du vieillissement de la peau commence entre 20 et 25 ans. Ce phénomène naturel s'enclenche au niveau de la zone sous-cutanée et du massif osseux et ses signes visibles sont le relâchement cutané, l’atrophie et l’atonie cutanéo-musculograisseuse.

DES POUVOIRS INSOUPÇONNÉS

La toxine botulique est, à l'origine, une molécule sécrétée par un bacille à Gram positif, anaérobie, du genre Clostridium botulinum, responsable du botulisme. La recherche scientifique sur cette molécule a permis de révéler des pouvoirs insoupçonnés : lorsqu'elle est utilisée à faible dose, cette substance agit sur la composante musculaire des rides du visage et du cou. Ainsi, elle est aujourd'hui utilisée en dermatologie, chirurgie plastique et médecine esthétique pour atténuer les rides, notamment celles des muscles orbiculaires (à l'origine des rides dites de la patte d'oie), frontaux, pyramidaux et corrugateurs des sourcils. Selon la zone ciblée, la profondeur et l'ampleur des rides, le praticien oriente son choix parmi plusieurs types de toxine botulique. Le Dr Ahmed Bourra, spécialiste en dermatologie et médecine esthétique, utilise le Dysport® 500, le Botox® 100 et le Vistabel® 50 pour traiter différents types de rides du visage et du cou. Selon ce spécialiste, dans 80 % des cas, la demande des patients concerne les rides du front, la patte d’oie et la glabelle. Les autres rides (palpébrales inférieures, péribuccales, platysmales) ne représentent que 20 % de la demande

 PROTOCOLE DE TRAITEMENT

Dans sa pratique quotidienne, le Dr Ahmed Bourra propose le protocole de traitement suivant :

Traitement des rides frontales

Injecter dans la partie supérieure du front au-dessus des sourcils, dans des points séparés de 2 cm sur le muscle frontal, entre 20 et 30 unités de Botox® et 60 unités de Dysport®. Le nombre de sites d'injection dans cette zone dépend de la hauteur du front (front étroit, une seule rangée, front haut ou de deux rangées).

Traitement des rides glabellaires

Injecter dans les deux muscles corrugateurs 4 unités de Vistabel® par muscle en deux points.

Traitement des rides de la patte d'oie

Injecter dans la partie latérale du muscle orbiculaire externe, à un centimètre du rebord osseux en 3 points, 5 à 6 unités de Vistabel®.

Traitement des rides palpébrales inférieures

Injecter deux unités de Vistabel® à 4 mm sous le bord ciliaire de façon très superficielle car le tissu sous-cutané dans cette zone est très fin.

Traitement des rides péribuccales

Injecter au niveau de la lèvre blanche deux doses de Vistabel® à 2 mm au-dessus du bord rouge en respectant les doses pour préserver les fonctions de la bouche.

Traitement des rides du cou

Le platysma est un muscle fin et aplati. Il est responsable des rides du cou et d'un relâchement cutané important. Injecter du Botox au niveau des cordes platysmales à raison de deux unités pour chaque point. D'autres zones peuvent être traitées par la toxine botulique pour atténuer les effets du vieillissement, notamment au niveau de la commissure labiale, du menton et des ailes du nez.

DES EFFETS SECONDAIRES TRANSITOIRES

Les effets secondaires de la toxine botulique sont rares et sont, le plus souvent, transitoires et opérateursdépendants. Les plus fréquents sont les céphalées, les modifications de la mimique (aspect figé, asymétrie du visage et une hyper élévation des sourcils liée à une hyperaction du muscle frontal au niveau de sa partie externe appelée « Regard Méphisto »), une douleur au site de l'injection et des ecchymoses. La zone traitée peut également gonfler après l'injection. Ce gonflement disparaît généralement au bout de 20 à 30 minutes après la séance. Avant les injections, le patient doit éviter de prendre des anticoagulants, des antiinflammatoires ou des antibiotiques (aminosides) pendant les jours qui précèdent le traitement afin d'éviter l'apparition d'hématomes. Il est recommandé de ne pas masser ou toucher la zone traitée après les injections. Les activités physiques intensives doivent être évitées. Le patient doit veiller à ne pas s’allonger dans les heures qui suivent la séance et à minimiser les risques de coups ou de saignements dans les zones traitées pour éviter une fuite ou un déplacement du produit.

ATTENTION AUX CONTREINDICATIONS

Il existe des contre-indications à la toxine botulique que tout praticien doit connaître. Ainsi, les personnes atteintes de maladies neuro-musculaires (notamment de myasthénie) et les femmes enceintes ou allaitantes ne peuvent bénéficier de ce traitement. Par ailleurs, le praticien désirant pratiquer les injections de toxine botulique doit avoir une connaissance approfondie de l'anatomie des muscles du visage. Ce traitement, lorsqu'il est pratiqué par un spécialiste expérimenté, donne d’excellents résultats sur les rides frontales, de la patte d'oie et de la glabelle. Concernant les rides des sillons nasogéniens et de la lèvre supérieure, la préférence des spécialistes va aux autres méthodes comme le comblement, les peelings, la dermabrasion et les lasers.

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