La tragédie du suicide

La tragédie du suicide

L’absence de chiffres officiels sur le suicide au Maroc montre à quel point il est difficile d’évoquer le sujet, d’autant que les tentatives de suicide sont considérées comme un délit puni par la loi, ce qui contraint souvent à minimiser les déclarations de tentative et à masquer les causes de certains décès.

Ismail berrada

Directeur de publication et de la rédaction

Doctinews N°70 Octobre 2014

 

Le ministère de la Santé et le Centre hospitalier universitaire Ibn Rochd avaient tout de même mené une enquête en 2007 sur un échantillon de 5 600 personnes lequel a révélé que 16 % de la population marocaine auraient des tendances suicidaires.

1 628 suicides ont été enregistrés au Maroc en 2012, dont 1 431 ont concerné des hommes

Qu’on le veuille ou non, le suicide existe bel et bien au Maroc et le phénomène semble s’être amplifié au cours de ces dernières années. En témoignent les dernières statistiques publiées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans son premier rapport* sur le suicide intitulé « Prévention du suicide : l’état d’urgence mondial » qui évaluent à 97,8 % le pourcentage d’évolution des taux de suicide standardisés selon l’âge entre 2000 et 2012 au Maroc.
Dans ce même rapport, l’OMS avance le chiffre de 1 628 suicides enregistrés au Maroc en 2012, dont 1 431 ont concerné des hommes. La tranche d’âge la plus affectée est celle des 70 ans et plus avec un taux de 14,4 pour 100 000 habitants contre 7,2 pour la tranche des 50 à 69 ans, 6,4 pour celle des 30 à 49 ans, 5,9 pour celle des 15-29 ans et 0,9 pour celle des 5-14 ans. Le profil du Maroc s’inscrit finalement dans la tendance des autres pays, mais il n’y a pas là matière à se réjouir car, comme l’indique le Dr Margaret Chan, directrice générale de l’OMS, « tout suicide est une tragédie ». Tragédie qui ne figure que très rarement au rang des priorités en matière de santé publique. Or, le suicide est évitable. Et ce n’est sûrement pas en l’ignorant que la situation va s’améliorer. Mieux le connaître, mieux le comprendre aiderait sans doute à mieux le prévenir, et le ministère de la Santé n’est pas le seul à pouvoir jouer un rôle dans ce domaine. Une implication multisectorielle est nécessaire qui doit être guidée par une volonté politique.

Dans la même rubrique

PÉNURIE

PÉNURIE

 LES PROFESSIONNELS DE SANTÉ SONT CONCENTRÉS À CASABLANCA

La carte sanitaire élaborée par le ministère de la Santé montre une grande p...

Lire la suite

TABAGISME

TABAGISME

CE FLÉAU CAUSE CHAQUE ANNÉE LE DÉCÈS DE 8 MILLIONS DE PERSONNES

Fondation Lalla Salma-prévention et traitement des cancers, la prévalenc...

Lire la suite

DÉMENCE

DÉMENCE

 LE NOMBRE DE CAS DE DÉMENCE VA DOUBLER D'ICI 2050

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le nombre de personnes atteintes de d...

Lire la suite

COUVERTURE SANTÉ UNIVERSELLE

COUVERTURE SANTÉ UNIVERSELLE

 LA CSU NE SE LIMITE PAS AU FINANCEMENT DE LA SANTÉ

La communauté internationale célèbre cette année la journée mondiale de la santé (...

Lire la suite

1 879 NAISSANCES

1 879 NAISSANCES

  LE DROIT À LA SURVIE EST UN DROIT FONDAMENTAL

Selon les estimations de l’Unicef, un peu plus de 395 000 bébés sont nés dans le monde ...

Lire la suite

CLIMAT

CLIMAT

 L'ACCORD DE PARIS EST LE PLUS GRAND ACCORD DU SIÈCLE SUR LA SANTÉ

Si les objectifs de l’Accord de Paris étaient atteints, 1 million de ...

Lire la suite

Copyright © 2019 Doctinews.

All rights reserved.