Améliorer l’observance

Améliorer l’observance

Neuf milliards d’euros ! Voilà ce que la France pourrait économiser en améliorant l’observance sur six grandes pathologies chroniques selon une étude* menée par IMS Health et le CRIP (Cercle de réflexion de l’industrie pharmaceutique). Un calcul qui ne tient compte que de la complication la plus importante pour chaque pathologie, à savoir l’accident vasculaire cérébral pour l’hypertension artérielle, les maladies coronariennes pour le diabète de type 2, l’infarctus sévère du myocarde pour l’hypercholestérolémie, l’œdème pulmonaire pour l’insuffisance cardiaque, les fractures ostéoporotiques pour l’ostéoporose et l’état de mal asthmatique pour l’asthme.

Ismail berrada

Directeur de publication et de la rédaction

Doctinews N°73 Janvier 2015

Au Maroc, une étude transversale descriptive a été menée en 2005 au sein des consultations de psychiatrie et de cardiologie du CHU Ibn Rochd auprès de 120 patients afin d’évaluer la fréquence de l’inobservance aux antidépresseurs et aux hypertenseurs et les facteurs influants. Elle a révélé un taux de non observance de 65 % pour les antidépresseurs et de 63,3 % pour les antihypertenseurs.
Plus récemment, entre janvier et mars 2011, une étude prospective descriptive (publiée dans The Pan African Medical Journal) a analysé l’observance auprès d’une population de patients diabétiques de type 2 hypertendus vus en consultation ou hospitalisés au Service d'endocrinologie, diabétologie et maladies métaboliques du CHU Mohammed VI, toujours dans l’objectif d’évaluer l’observance. Elle a montré que 24 % des patients avaient une bonne observance au traitement, 33 % étaient non observants et 43 % étaient observants de façon partielle (n'adhérant qu’à un seul type de thérapeutique, soit du diabète ou de l'HTA).

Déclarer l'observance "grande cause nationale" permettrait d'alimenter le débat

Ces chiffres n’ont rien de surprenant et les causes de la non-observance sont connues : conditions socioéconomiques, coût des traitements, absence de couverture médicale généralisée, nombre de médicaments prescrits, nombre de prises quotidiennes, effets secondaires… Pour encourager les patients à respecter la prescription médicale, et pour favoriser l’émergence de solutions innovantes et concrètes, Denis Delval, président du CRIP, suggère de déclarer l’observance « grande cause nationale » 2016. La proposition est à méditer car améliorer l’observance, c’est garantir aux patients une meilleure qualité de vie, et permettre à l’Etat et aux organismes payeurs de réaliser des économies. Au final, tout le monde serait gagnant !

* Dans le but de mieux connaitre le phénomène de l’observance en France, le CRIP et IMS Health France se sont associés pour réaliser une étude de grande ampleur, à partir d’une cohorte d’environ 170 000 patients. Selon l’étude, le taux moyen de patients observants est de l’ordre de 40 %.

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