Pourquoi souffrir ?

le maroc doit intensifier ses efforts en matière de soins palliatifs

Dans un rapport publié par l’Organisation non gouvernementale Human Rights Watch*, le constat est clair : le Maroc a pris certaines mesures pour développer les services de soins palliatifs et améliorer l’accès aux analgésiques. Il a formalisé une vision, a inclus un module dédié dans le programme des études de médecine et a levé un obstacle réglementaire à l’accès aux analgésiques opioïdes/sédatifs puissants.

Ismail berrada

Directeur de publication et de la rédaction

Doctinews N°86 Mars 2016

D

ans le même rapport publié par la même ONG, le constat est tout aussi clair : la disponibilité des soins palliatifs au Maroc est très limitée. Seuls deux hôpitaux publics sont dotés d’unités de soins palliatifs, ces unités sont dédiées aux malades atteints de cancer alors que 40 000 adultes ont besoin chaque année de ce type de soins pour des affections autres que le cancer. De plus, si la consommation d’analgésiques opiacés a augmenté, la quantité d’opioïdes utilisée est encore très limitée. Peu de médecins sont autorisés à prescrire des analgésiques opiacés, peu de pharmaciens et d’hôpitaux les stockent, et la loi les considère encore comme des médicaments « vénéneux », une appellation devenue obsolète dans de nombreux pays !

  Le maroc doit intensifier ses efforts en matière de soins palliatifs

 

Pendant ce temps, des patients souffrent alors qu’il est possible d’atténuer leur douleur et de leur offrir la meilleure qualité de vie possible en fin de vie. Et tout ça à moindre coût puisque, selon l’Organisation mondiale de la santé, les soins palliatifs peuvent être prodigués à un cout relativement bas car ils ne nécessitent pas d’équipements ou de médicaments onéreux.

En 1979, le Maroc a ratifié le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels qui prévoit, dans son article 12, une obligation pour les gouvernements de garantir la disponibilité des soins palliatifs, l’accès aux médicaments essentiels de soins palliatifs, notamment la morphine, et une formation appropriée des prestataires de soins de santé. Il serait donc temps d’agir, d’autant que cette souffrance est vouée à s’étendre. Les dernières statistiques du Haut commissariat au plan indiquent, en effet, que le nombre de personnes âgées de plus de 65 ans va doubler d’ici les 15 prochaines années et tripler d’ici 2050. Or, cette catégorie de personnes est la plus touchée par les maladies non transmissibles incurables à l’origine de longues souffrances. 

* Douleurs déchirantes : Défis et progrès dans les efforts pour garantir le droit aux soins palliatifs au Maroc », consultable sur le site : https://www.hrw.org/fr/node/286141/

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