mSanté

le nombre d'applications santé a été multiplié par 8 en à peine 5 ans

Fin 2015, l’IMS Health recensait plus de 165 000 applis santé. Leur nombre était évalué à 20 000 seulement en 2011 et à 97 000 en 2012 ! Voilà qui donne matière à réfléchir. Le marché de la santé mobile « mSanté » ou « mHealth » pour les initiés, ne fait que progresser et, chaque jour, de nouvelles applications sont proposées via les « Play » ou « Apple » Store.

Doctinews N°96 Février 2017

ISMAIL BERRADA

Directeur de publication et de la rédaction


 

Les plus plébiscitées par le grand public concernent surtout l’alimentation et l’activité physique (compteur de calories, podomètre…). Elles se distinguent des applications qui permettent de gérer sa santé au quotidien et qui s’apparentent à des dispositifs médicaux (automesure tensionnelle, mesure de la glycémie, analyse du sommeil…). Il existe également une large gamme d’applications destinées aux médecins, qu’il s’agisse de bases de données médicamenteuses, de calculs de scores ou de risques, voire même de simulation de gestes médicaux.
Le développement de la « mSanté » a été si rapide que le régulateur s’est laissé prendre de cours. En Allemagne, au Royaume-Uni, en France ou encore aux Etats-Unis par exemple, ce sont des organismes privés qui ont créé des labels pour certifier les « apps santé » ou qui proposent de les évaluer selon des critères spécifiques. Or, selon la Haute Autorité de Santé (France), ces applications « suscitent des inquiétudes et des interrogations : risques d’informations inexactes, partisanes ou sponsorisées, risque de récupération d’informations personnelles permettant à des tiers non autorisés de connaître l’état de santé d’une personne, non-fiabilité des données recueillies avec mise en danger de la santé de l’utilisateur… ». Pour y voir plus clair, elle a publié en 2016 un référentiel de bonne pratique dédié aux applications et aux objets connectés en santé.
Si l’on veut que ces outils contribuent effectivement à améliorer le bien être et la santé des citoyens, il est clairement urgent d’en promouvoir l’usage éthique et l’évaluation scientifique.Selon l’IMS, de plus en plus d’études, dont l’objet vise à démontrer l’intérêt de ces nouveaux outils dans plusieurs pathologies, comme le diabète de type 2, l’obésité, la sclérose en plaques ou la santé mentale, sont en cours. C’est une bonne chose et un passage obligé pour tenter de réguler le marché en plein essor de la mSanté.

 

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