Césarienne

la césarienne est l'un des progrès centraux de l'obstétrique

Dans la deuxième édition de son bulletin baptisé « Point de Vie », la Caisse nationale des organismes de prévoyance livre une analyse de ses paiements dans le cadre du tiers payant pour la période 2006-2015. On y découvre que les dépenses liées aux accouchements ont enregistré une hausse considérable de 333 % entre 2006 et 2015 !

Doctinews N°97 Mars 2017

ISMAIL BERRADA

Directeur de publication et de la rédaction


 

Si la revalorisation du tarif de la césarienne en 2008 a eu un impact sur cette augmentation (il est passé de 6 000 à 8 000 dhs), la Cnops constatait dans son étude menée en 2012 un taux anormalement élevé du recours à la césarienne, situé autour de 56 %. Or, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le taux idéal se situe entre 10 et 15 %. Dans sa déclaration sur les taux de césarienne, l’organisation stipule d’ailleurs qu’ « au niveau de la population, les taux de césarienne supérieurs à 10 % ne sont pas associés à une réduction des taux de mortalité maternelle et néonatale ».
Plusieurs facteurs peuvent contribuer et/ou expliquer le choix de la méthode d’accouchement : le facteur culturel par exemple, comme dans les pays scandinaves où l’accouchement naturel est privilégié, l’organisation du système de santé qui n’exploite pas suffisamment les connaissances des sages-femmes, le manque de structures dédiées à la prise en charge des grossesses à risque, l’augmentation de l’âge maternel, l’information des patientes, la crainte de poursuites judiciaires en cas de complications lors de l’accouchement par voie basse...
Il ne s’agit pas là de remettre en question le rôle de la césarienne qui constitue l’un des progrès centraux de l’obstétrique moderne et qui joue un rôle essentiel dans la réduction de la mortalité et de la morbidité maternelles et périnatales lorsqu’elle est médicalement indiquée. Loin s’en faut ! L’idée est plutôt d’initier une réflexion autour d’un phénomène mondial, l’augmentation du recours à la césarienne, qui tend à banaliser une intervention chirurgicale (et les risques qui vont avec), et qui a un coût.
D’autant que l’OMS a prévenu : « Dans les systèmes de santé fragiles et saturés, un taux élevé de césarienne risque, en raison du coût accru de l’intervention, de détourner des ressources qui auraient pu être affectées à d’autres services. »

 

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