ENVENIMATIONS SCORPIONIQUES

85 % DES CAS DE PIQÛRES DE SCORPIONS SONT DITES BLANCHES

La période estivale est particulièrement propice aux piqûres et envenimations scorpioniques qui arrivent en tête de toutes les intoxications notifiées au Centre antipoison. Il faut dire que le Maroc est bien doté en termes de faune scorpionique puisqu’il recense la plus riche et la plus diversifiée d’Afrique avec une cinquantaine d’espèces et de sous espèces.

Doctinews N°101 Juillet 2017

ISMAIL BERRADA

Directeur de publication et de la rédaction


 « La biodiversité du scorpion est représentée par 3 familles (Chactidae, scorpionidae et Buthidae), 8 genres, 15 espèces et 45 sous espèces. La famille des Buthidae est la seule qui possède les formes à venin mortel pour l’homme. L’Androctonus Mauretanicus (Noir-NDLR) et Buthus Occitanus (Jaune- NDLR) est l’espèce la plus répandue et la plus redoutable particulièrement dans les régions de Marrakech Tensift Al Haouz, Doukkala Abda, Tadla Azilal, Chaouia Ouardigha, Souss Massa Draa, et Fès Boulmane » (1).
Heureusement, toutes les piqûres de scorpion ne sont par mortelles, d’une part, et ne provoquent pas systématiquement une envenimation, d’autre part. Dans près de 85 % des cas en effet, la piqûre est dite « blanche », c’est-à-dire sans injection de venin, et ne génère que des manifestations locorégionales. Lorsqu’il y a envenimation, la gravité tient compte de l’espèce de scorpion mais aussi de certains facteurs de risque tels que l’âge du patient, la taille du scorpion et le siège de la piqûre (région vascularisée ou non).
Depuis plus d’une vingtaine d’années, le Maroc a entrepris des efforts pour lutter contre ce fléau : formation du personnel de santé sur la conduite à tenir en fonction du grade de sévérité, information de la population sur les mesures à prendre pour se protéger, sur les gestes à faire et à ne surtout pas faire, mise à disposition des médicaments en quantité suffisante dans les hôpitaux des régions touchées… les mesures semblent petit à petit porter leurs fruits.
Ainsi, si le nombre de cas de piqûres déclarés au Centre antipoison reste supérieur à 25 000 chaque année (25 636 cas en 2016, 23 228 cas en 2014, 25 788 cas en 2008), le taux de mortalité, lui, est passé de 2,37 % en 1999 à 0,21 % en 2016.
Il faut donc poursuivre dans ce sens, maintenir le niveau de vigilance et, en tant que professionnels de la santé, participer à la diffusion la plus large des informations de sécurité.

Bonnes vacances à toutes et à tous !

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