Gaming

Gaming 18 janvier 2018

Le trouble du jeu vidéo reconnu comme une maladie par l'oms

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’apprête à ajouter le « trouble du jeu vidéo » ou « gaming disorder » à la onzième liste de la classification internationale des maladies (CIM) dont la publication est prévue pour le mois de juin 2018.

 

Doctinews N°106 Janvier 2018

ISMAIL BERRADA

Directeur de publication et de la rédaction


 Le 5 janvier dernier à Genève, Tarik Jasarevic, porte-parole de l’instance, a donné une définition du gaming disorder.

Il s’agit d’ « un comportement lié aux jeux vidéos sur Internet ou hors ligne, qui se caractérise par une perte de contrôle sur le jeu, une priorité croissante accordée au jeu par rapport à d’autres activités, au point qu’il prenne le pas sur d’autres centres d’intérêt ».

Pour établir le diagnostic, il faut ajouter la poursuite et l’augmentation de l’activité de jeu malgré l’apparition de conséquences négatives, et la persistance des symptômes depuis au moins un an. Cette décision ne fait pas l’unanimité au sein de la communauté scientifique. Parmi les questions posées par certains professionnels figurent notamment celles de savoir si l’addiction aux jeux vidéos ne pourrait pas être une forme de refuge ou un symptôme qui masquerait une cause ? Ou encore si l’addiction vient de l’objet (en l’occurrence le jeu) ou si elle est inhérente à la personne, ce qui ne relève pas de la même prise en charge.

Cependant, la majorité des professionnels s’accorde à reconnaître qu’il existe bel et bien un problème de pratique excessive liée aux jeux vidéos. La crainte de la qualifier en addiction est surtout liée au risque d’amalgame, car la dépendance réelle n’affecterait que quelques rares « gamers », et l’amalgame pourrait conduire à ne considérer les jeux vidéos que sous un aspect néfaste, alors qu’ils ont aussi un impact positif sur les joueurs. Ainsi, ils augmenteraient la capacité à la prise rapide de décision, ils développeraient les réflexes et la coordination, l’acuité visuelle et les capacités d’attention, ils favoriseraient la créativité… et peuvent même améliorer les fonctions cognitives des personnes âgées, aidant à prévenir la maladie d’Alzheimer (1) ! Alors comme toutes les bonnes choses, les jeux vidéos sont à consommer, oui, mais avec modération.

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