Myopie

Myopie 31 octobre 2019

Des solutions thérapeutiques variées

 La myopie est un trouble de la vision caractérisé par une vision nette de près et floue de loin. Plusieurs solutions thérapeutiques peuvent être envisagées pour corriger ce trouble, notamment le traitement par laser.

Doctinews N°125 Octobre 2019

Avec la collaboration du Dr Abderrahmane RAÏSS

Ophtalmologue spécialisé en chirurgie de la cataracte et en chirurgie réfractive par laser et implants au centre d’ophtalmologie de Casablanca


  

La myopie est le trouble de la vision le plus fréquent dans le monde. En Chine par exemple, il touche entre 80 et 90 % des enfants d’âge scolaire ! Les statistiques concernant la myopie révèlent également que ce trouble est en nette progression dans le monde. Selon une étude australienne parue dans la revue Ophtalmology, 4,76 milliards de personnes seront myopes en 2050, soit 49,8 % de la population mondiale !

Plusieurs types de myopie

La myopie résulte d’un déséquilibre entre la longueur de l’oeil et la courbure de la cornée ou du cristallin. Chez une personne ayant un oeil trop long (myopie axiale) ou une courbure trop prononcée (myopie d’indice), l’image perçue n’est pas focalisée directement sur la rétine. Les rayons de lumière qui traversent l’oeil se focalisent devant la rétine et transmettent au cerveau une image floue de loin. La myopie est généralement diagnostiquée la première fois chez les enfants en âge de scolarité. Outre la vision floue de loin, l’enfant myope peut présenter d’autres symptômes, notamment des maux de tête chroniques, des douleurs ou des tiraillements autour des yeux et une vision de près excessivement rapprochée pour dessiner, lire ou regarder la télévision. Les spécialistes distinguent trois types de myopie : légère, moyenne et forte. L’unité de mesure de la myopie est la « dioptrie » (unité de convergence ou de divergence d'un système optique). De -0,25 à -2,50, la myopie est considérée comme faible, entre -2,50 et -6,00, elle est moyenne. Au-delà de -6,00, la myopie est dite forte. En général, l’évolution de la myopie s’arrête vers l’âge de 20 ans, mais il y a certains types de myopie qui continuent à évoluer au-delà de cet âge ; on parle alors dans ce cas de myopie évolutive.

Des complications parfois graves

Plusieurs causes peuvent être à l’origine de la survenue d’une myopie. La recherche scientifique a révélé que l’hérédité joue un rôle très important dans l’apparition de ce trouble. Ainsi, les enfants dont un parent ou les deux parents sont myopes ont plus de risque que les autres d’être myopes à leur tour. Certains facteurs environnementaux, notamment l’exposition prolongée et répétée à la lumière des écrans d’ordinateur, des smartphones ou des tablettes, surtout dans des conditions de faible luminosité, pourrait également augmenter le risque d’apparition de la myopie. Les complications d’une myopie non prise en charge, surtout lorsqu’elle est forte, sont nombreuses. Ainsi, une myopie forte évoluant depuis longtemps et non prise en charge peut entrainer une fragilisation des structures oculaires. Ce type de myopie est aussi associé à un risque accru de développer des pathologies oculaires, notamment la cataracte et le glaucome, et à un décollement de la rétine. Il peut également favoriser la survenue d’une hémorragie de la macula (une zone de la rétine située au fond de l'oeil et caractérisée par une forte concentration de cônes).

Des techniques thérapeutiques variées

Il existe plusieurs techniques qui permettent de diagnostiquer ou d’affiner le diagnostic de la myopie. Outre l’échelle visuelle, l’ophtalmologue peut utiliser un rétinoscope, un appareil qui permet de mesurer le défaut de réfraction de l’oeil. Lorsque le diagnostic de la myopie est établi, l’ophtalmologue prescrit, en fonction des résultats des examens effectués, le traitement le plus adapté à son patient. L'objectif est de corriger la myopie en refocalisant l’image des objets lointains sur la rétine et en modifiant le trajet des rayons lumineux. Pour atteindre cet objectif, le praticien peut recourir à plusieurs techniques thérapeutiques. Le choix de la technique varie en fonction du profil du patient et du degré de myopie. Le praticien peut ainsi prescrire des lunettes de correction pour corriger la myopie (plus la myopie est importante, plus le verre des lunettes est épais). Il peut également opter pour des lentilles de contact pour corriger le défaut de vision. Discrètes et pratiques, les lentilles de contact offrent un champ visuel plus dégagé que les lunettes de correction et préservent le champ du regard.

La voie du laser

L’ophtalmologiste peut aussi recourir aux traitements par laser, une solution thérapeutique qui permet de corriger la myopie en modifiant la courbure de la cornée. Plusieurs techniques peuvent être envisagées : l La PhotoKératectomie Réfractive (PKR) : appelée également « photoablation excimère de surface », cette technique consiste à sculpter les couches antérieures de la cornée après avoir retiré son épithélium. Elle est utilisée pour le traitement des myopies faibles à modérées. l Le LASIK ou Kératomileusis par laser in situ : il s’agit d’une solution thérapeutique qui permet le remodelage en profondeur de la courbure cornéenne par la découpe d’une lamelle dans l'épaisseur de la cornée. l ReLEx Small Incision Lenticule Extraction (SMILE) : c’est une technique de traitement par laser qui est en passe de devenir le Gold standard de la chirurgie réfractive par laser. Elle n’est pas du tout invasive, permet de garder la forme de la cornée et n’induit pas de sécheresse oculaire comme avec les autres techniques comme le LASIK. Elle peut être utilisée dans le traitement des fortes myopies. D’autres solutions thérapeutiques peuvent être pratiquées pour traiter la myopie, notamment les implants intra-oculaires. Cette option thérapeutique consiste à placer une lentille correctrice synthétique à l’intérieur de l’oeil sans enlever le cristallin. Elle peut être utilisée chez les personnes présentant une forte myopie, qu’elle soit isolée ou associée à d’autres troubles de la vision. Elle est toutefois contre-indiquée pour les patients souffrant de cataracte, d’un glaucome, d’une uvéite ou toute pathologie cornéenne ou rétinienne évolutive. Mais quelle que soit la technique thérapeutique utilisée, le patient doit subir un bilan pré-opératoire pour éliminer toutes les contre-indications à la technique choisie et évaluer son degré d’efficacité.

 

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