Vitiligo

Vitiligo 12 décembre 2019

Plusieurs options thérapeutiques

Le vitiligo est une dermatose bégnine qui aurait une origine auto-immune. Elle est caractérisée par l’apparition de taches dépigmentées sur la peau. Plusieurs facteurs peuvent favoriser la survenue de cette pathologie cutanée qui touche entre 0,5 et 1 % de la population mondiale, sans prédominance de sexe ou de race.

Doctinews N°126 Novembre 2019


Avec la collaboration du Dr Abdellah MORTAKI

Dermatologue à Casablanca


  

Le vitiligo peut toucher n’importe quelle partie du corps. Toutefois, les taches dépigmentées atteignent surtout le visage, les extrémités, les articulations et les zones de frictions. Hormis le préjudice esthétique, le vitiligo n’a aucun impact négatif sur l’organisme à court, moyen ou long terme. Malgré son caractère bénin, cette pathologie cutanée peut toutefois engendrer une grande souffrance psychique. Certains patients ont ainsi besoin d’un soutien psychologique pour surmonter l’épreuve de la maladie.

Une dépigmentation progressive

Le vitiligo peut toucher toutes les populations, sans distinction de couleur de peau ou de sexe. Les tâches dépigmentées peuvent survenir à n’importe quel âge, mais dans la moitié des cas, la maladie apparait entre 10 et 20 ans. La taille des taches blanches peut être variable et la dépigmentation de la peau est généralement progressive. Chez certaines personnes, les poils et les cheveux qui poussent à l'intérieur des zones dépigmentées sont également blancs (leucotrichie). Par ailleurs, les zones dépigmentées sont très sensibles au soleil et rougissent plus rapidement car elles ne sont plus protégées, d’où l’importance d’utiliser des crèmes solaires. La recherche scientifique a révélé que cette maladie aurait, entre autres, une origine auto-immune. D’ailleurs, les personnes atteintes de vitiligo souffrent souvent d’affections auto-immunes telles que la thyroïdite de Hashimoto et la maladie de Basedow. D’autres maladies auto-immunes comme la polyarthrite rhumatoïde, le diabète de type 1 et les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin peuvent également être observées chez les patients présentant un vitiligo.

Une origine encore inconnue

Selon les spécialistes, les personnes atteintes de vitiligo produiraient des anticorps anormaux qui s’attaquent directement aux mélanocytes (des cellules responsables de la pigmentation de la peau). Le vitiligo pourrait également être lié à des facteurs génétiques. Une étude publiée en 2010 a révélé que 10 gênes au moins qui jouent un rôle dans la réponse immunitaire seraient impliqués dans la survenue de cette maladie (1). Le vitiligo pourrait avoir d’autres causes, notamment neurologiques, environnementales, voire même psychiques, mais il ne s’agit que d’hypothèses car les causes exactes de cette maladie n’ont pas encore été déterminées. Le diagnostic du vitiligo est clinique, basé sur l’observation minutieuse des taches blanches. Pour poser le diagnostic, les dermatologues ont généralement recours à une « lampe de Wood », un dispositif qui permet d'examiner la peau du patient avec une lumière ultraviolette, de s’assurer de la dépigmentation des taches blanches et d’apprécier le déficit en mélanocytes. Dans certains cas, le médecin traitant peut effectuer une biopsie cutanée pour éliminer d’autres maladies dermatologiques pouvant provoquer également une anomalie de coloration de la peau, notamment l’eczéma, le lupus, le psoriasis et la sclérodermie.

Des techniques variées

Il n’existe actuellement aucun traitement qui permet de guérir définitivement de cette affection. Certaines « astuces » (comme l’application de produits cosmétiques) sont parfois suffisantes pour colorer les taches blanches et redonner ainsi aux parties touchées un aspect normal. Lorsque les taches sont étendues, le dermatologue peut recourir à des thérapies qui permettent de stimuler les mélanocytes encore présents au niveau des réserves épidermiques et recolorer les zones de dépigmentation. Les traitements topiques (crèmes à base de dermocorticoïdes ou d’immunosuppresseurs locaux) sont aujourd'hui prescrits en première intention, surtout pour les taches peu étendues. Toutefois, elles ne doivent pas être appliquées sur le visage ni utilisées plus de 2 à 3 mois, à raison de 5 jours de traitement par semaine. La photothérapie par rayons ultra-violets de type B compte parmi les autres thérapies qui peuvent être envisagées pour atténuer les taches blanches. Elle consiste à exposer la peau, à raison de deux à trois fois par semaine, à un rayonnement ultra-violet de type B sans toutefois dépasser 300 séances de traitement. Les praticiens la préfèrent à celle à base de ultra-violets de type A car elle présente une meilleure efficacité avec moins d'effets secondaires. Mais avant de prescrire cette solution thérapeutique, le dermatologue doit s’assurer que le patient dispose d’une réserve suffisante en mélanocytes pour recolorer les parties dépigmentées.

Intérêt du laser

Le traitement par laser Excimer est une autre thérapie qui peut être utilisée par le dermatologue pour soigner le vitiligo, surtout lorsque les taches blanches sont petites. Son intérêt réside dans le fait que le délai de réponse du patient au traitement est généralement plus court par rapport aux autres méthodes. D’autres thérapies peuvent être choisies par le médecin traitant, notamment la photochimiothérapie orale (associée à des molécules stimulant la production de mélanine sous l’action de la lumière), la greffe de mélanocytes dans les zones dépigmentées (prélevées dans des zones bien pigmentées) et la dépigmentation complète de la peau lorsqu’elle est totalement dépigmentée. Le dermatologue peut également combiner différents traitements pour obtenir un résultat optimal. Il peut par exemple associer les traitements à base de dermocorticoïdes à la photothérapie, surtout pour traiter les zones cutanées qui répondent mal aux autres traitements.

RÉFÉRENCE

1- Common variants in FOXP1 are associated with generalized vitiligo. Jin Y, Birlea SA, et al. Nat Genet. 2010 Jul;42(7):576-8. Epub 2010 Jun 6.

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