CANCERS DE LA PROSTATE LOCALEMENT AVANCÉS

CANCERS DE LA PROSTATE LOCALEMENT AVANCÉS 13 février 2020

INTÉRÊT DE L’ASSOCIATION RADIOTHÉRAPIE ET HORMONOTHÉRAPIE

L’association d’une radiothérapie et une hormonothérapie constitue actuellement le standard dans l’arsenal thérapeutique des cancers de la prostate. L’intérêt de cette association par rapport à une radiothérapie exclusive a été démontré par plusieurs essais randomisés avec un recul de plus de 20 ans. Cependant, l’intérêt d’une association de la radiothérapie avec escalade de dose et de E l’hormonothérapie n’est pas encore clair.

 

 

Doctinews N°128 JANVIER  2020

 Par le dr Zakaria Ahmed YOUBI

médecin spécialiste en radiothérapie, service de radiothérapie, Centre d’oncologie Ahmad Bin Zayed Al Nahyan, Tanger


  

En 1941, Huggins et Hodges ont démontré le caractère hormonodépendant du cancer de la prostate. Ils ont montré qu’une privation androgénique entraînait une régression tumorale [1-2]. Le premier essai randomisé comparant une radiothérapie exclusive et l’association d’une radiothérapie et d’une hormonothérapie a été réalisé en 1988 par Zagars et al. [3]. Il a établi la place de l’hormonothérapie dans le traitement des cancers de la prostate. Actuellement, l’association de la radiothérapie à l’hormonothérapie est le standard thérapeutique pour le cancer prostatique de haut risque et de risque intermédiaire défavorable [4].  

Cancer de la prostate de risque intermédiaire

 Quatre principales études avaient le nombre de patients et le recul suffisants pour permettre d’établir BAC > RTE seule pour les risques intermédiaires.

  •  D’Amico : RTE + 6 mois de BAC > RTE seule pour les risques intermédiaires « forts ».
  • TTROG : RTE + 6 mois de BAC > RTE + 3 mois > RTE seule. STANDARD = Indications de RTE (70Gy) + 6 mois d’hormonothérapie pour les cancers de la prostate de risque intermédiaire.  le concept de radiohormonothérapie comme un standard thérapeutique dans cette indication avec un réel bénéfice du blocage androgénique complet en survie spécifique, survie sans récidive biochimique et survie globale :
  •  RTOG 8601 : RTE + 4 mois de BAC > RTE seule pour des tumeurs modérément agressives.
  • RTOG 9408 : RTE + 4 mois de  Par ailleurs, le cancer de la prostate de risque intermédiaire est un groupe hétérogène avec une probabilité de survie sans progression qui varie entre 30 et 98 %. De ce fait, plusieurs études ont permis de le subdiviser en fonction des facteurs de rechute.

Dans l’étude rétrospective de Castle et al, seuls les patients atteints de cancer du groupe intermédiaire défavorable, soit un score de Gleason 7 (4 + 3) et de stade T2c, avaient un avantage en survie sans progression (RI défavorable =  74%  vs  94%  ;  p  =  0,005)  de  l’ajout  d’une hormonothérapie à une radiothérapie avec escalade de dose [5].

 La radiothérapie hypo fractionnée constitue actuellement une option thérapeutique, réduisant ainsi la durée de traitement (2,5 semaines) avec un profil de toxicité similaire au fractionnement classique, validé par l’essai randomisée de Pollack et al. [6].

 Cancer de la prostate de haut risque

 Trois principaux essais randomisés ont démontré que l’association radiohormonothérapie de longue durée, 24 à 36 mois, est le standard en cas de cancer prostatique de risque élevé : l L’essai phase III de l’EORTC  22961 = à 5 ans, on notait un bénéfice en faveur d’une hormonothérapie longue avec standard en cas de cancer prostatique de risque élevé : l L’essai phase III de l’EORTC 22961 = à 5 ans, on notait un bénéfice en faveur d’une hormonothérapie longue avec randomisait entre trois ans d’hormonothérapie exclusive et une association hormonothérapie et radiothérapie.

Avec un suivi médian de 67 mois, un Cependant, aucun bénéfice de survie globale n’a été noté, attribué probablement au suivi court et au nombre faible de patients inclus [8].

l L’essai RTOG 92-02 avait trouvé les mêmes résultats. L’hormonothérapie permettait une nette amélioration de la survie sans récidive et la survie sans progression métastatique, à l’exception de la probabilité de survie globale, dont le bénéfice était limité aux patients atteints de cancer de score de Gleason de 8 à 10 [9].

L’association radio- hormonothérapie occupe donc une place importante dans l’arsenal thérapeutique des cancers de la prostate, essentiellement le haut et le risque intermédiaire.

Elle est associée en situation néoadjuvante et concomitante pour les stades intermédiaires mais également adjuvante pour les risques élevés ou localement évolués. Une meilleure définition des groupes à risque et des facteurs de rechute pourrait permettre de mieux sélectionner les candidats à cette association mais aussi de déterminer la durée optimale de l’hormonothérapie. Par ailleurs, de nombreuses études sont en cours testant de nouveaux traitements afin d’optimiser ces résultats.

 une probabilité de survie globale de 84,8 % contre 81 % (p = 0,008) [7]. l L’essai mené par Mottet et al. , bénéfice a été retrouvé en contrôle locorégional, en survie sans progression et en survie sans métastase.

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