Association des pneumologues privés de Casablanca

Association des pneumologues privés de Casablanca 08 mars 2017

Amicale et professionnelle

L’Association des pneumologues privés de Casablanca a vu le jour voilà une dizaine d’année avec pour objectifs de créer un espace confraternel de rencontres et d’échanges et de repositionner le praticien dans l’exercice d’une spécialité d’avenir qui a beaucoup évoluée au cours de ces dernières années. 

 

Doctinews N°96 Février 2017

Dr Rachid El Khettar

Président de l’Association des pneumologues privés de Casablanca


 

S
i l’Association des pneumologues privés de Casablanca (APPC) se veut très amicale, elle n’en est pas moins très professionnelle. « Lors de la création de l’association, nous souhaitions insuffler un nouvel esprit associatif pour faire de cet espace un lieu d’échanges d’égal à égal, sans hiérarchie, où chacun puisse s’exprimer et discuter de ses pratiques, de son expérience afin de progresser ensemble », explique le Dr Rachid El Khettar, pneumologue et président de l’association.
Pour servir sa vocation de formation médicale continue, l’association organise environ une fois par mois une réunion où les participants, entre 15 et 30 en moyenne, sont invités à s’exprimer sur leur pratique et à exposer des cas cliniques. Ces réunions sont destinées à ses membres qui sont des spécialistes issus du secteur libéral, mais elle fédère également des pneumologues issus du secteur public et du secteur universitaire afin de se confronter à toutes les facettes de l’exercice de la profession. « C’est un moment privilégié destiné à faciliter la pratique au quotidien et à proposer les meilleures thérapeutiques et solutions aux patients », indique le Dr El Khettar. « Ces réunions sont très appréciées par les professionnels et par les patients qui savent que l’on va étudier leur cas et confronter nos avis. C’est aussi un moyen pour nous, professionnels, de montrer au patient que nous nous intéressons avant tout à lui et que nous nous investissons pour lui fournir la meilleure réponse possible ».

Privilégier l’aspect pratique

Les membres se retrouvent également mensuellement autour de différents thèmes qui tiennent compte de l’actualité ou des besoins exprimés. Au mois de décembre par exemple, ils ont abordé la vaccination anti-pneumococcique en présence d’un expert en privilégiant l’aspect pratique. Ils traitent également de thèmes juridiques et techniques qui intéressent directement la profession ou de thèmes tels que la radiologie au cabinet, une pratique qui n’est pas toujours bien accueillie par les centres de radiologie. « Or, pour un pneumologue, la radiologie fait partie de l’examen clinique. Elle nous permet de donner une réponse immédiate au patient en fonction de sa plainte ou d’orienter un diagnostic », précise le président de l’association.
Par ailleurs, annuellement et parfois trimestriellement, l’APPC organise des manifestations au cours desquelles elle invite des confrères issus d’autres spécialités, notamment des cardiologues, des médecins ORL… Ces réunions interdisciplinaires permettent de traiter de pathologies qui interfèrent les unes avec les autres, et sont une opportunité pour avoir une vision élargie. « Certaines pathologies cardiaques peuvent mimer un asthme tandis que des pathologies respiratoires peuvent mimer une pathologie cardiaque par exemple, d’où l’intérêt de ces confrontations », illustre le Dr El Khettar. Des confrontations qui franchissent d’ailleurs les frontières du Maroc dans le cadre de jumelages avec d’autres associations comme l’association des pneumologues privés de Paris avec qui l’APPC a organisé une journée consacrée à la toux chronique où toutes les spécialités concernées (cardiologie, ORL, gastrologie, pneumologie) étaient représentées.

Défendre les intérêts de la spécialité

Si la vocation première de l’association est liée à la formation professionnelle continue, elle joue également un rôle important dans la défense des intérêts de la spécialité. Dans ce sens, elle est membre du Collège syndical national des médecins spécialistes privés et intervient auprès des organismes d’assurance maladie pour des questions liées par exemple à la tarification des actes médicaux. Elle est également, avec l’ensemble des pneumologues hommes et femmes qui la compose, bien déterminée à repositionner le praticien dans l’exercice d’une pneumologie moderne et d’avenir.

 

Trois questions au Dr Rachid El Khettar
Président de l’Association des pneumologues privés de Casablanca

Parmi ses objectifs, l’Association des pneumologues privés de Casablanca souhaite repositionner le pneumologue dans une pneumologie moderne et d’avenir. Qu’entendez-vous par pneumologie d’avenir ?
L’exercice de la pneumologie au Maroc a été orienté pendant de nombreuses années sur la prise en charge de la tuberculose et des pathologies de santé publique. Aujourd’hui, nous sommes dans une phase de transition épidémiologique et les maladies infectieuses laissent progressivement la place à d’autres maladies respiratoires. Le pneumologue, à l’instar de ses collègues qui exercent dans d’autres pays, est donc de plus en plus amené à prendre en charge d’autres pathologies telles que la pathologie cancéreuse, les pathologies du sommeil, la pathologie allergique telle que l’asthme par exemple…. Il pratique des examens et des explorations comme la polysomnographie pour étudier le sommeil et traiter les apnées du sommeil en collaboration avec d’autres spécialités concernées par cette pathologie, l’épreuve d’effort cardio-pulmonaire VO2max, l’endoscopie interventionnelle… et travaille en relation étroite avec les oncologues notamment. Nous nous inscrivons dans cette dynamique de l’évolution de la pneumologie qui est celle de l’avenir.

Est-ce dans ce sens que vous avez mis en place des réunions hebdomadaires de concertation pluridisciplinaire pour la prise en charge des patients atteints de cancer ?
Il s’agit effectivement d’un staff que nous avons mis en place depuis plusieurs années et qui depuis une année a lieu chaque semaine et s’inscrit dans le cadre des pratiques modernes de prise en charge du cancer. Chaque semaine, tous les acteurs concernés par la prise en charge d’un patient atteint d’un cancer du poumon se réunissent. Oncologues, radiothérapeutes, pneumologues, radiologues, chirurgiens thoraciques, anatomopathologistes… tous sont invités à se concerter pour décider de la meilleure attitude thérapeutique à adopter pour chaque cas évoqué. Le chirurgien donne son avis sur l’intérêt d’une intervention chirurgicale, l’anatomopathologiste apporte des précisions sur le type de cancer décelé, l’oncologue propose un protocole thérapeutique, etc… Il est important que chaque spécialité soit représentée pour permettre au patient de bénéficier des dernières innovations et appliquer les dernières recommandations. Ces réunions nous permettent également à nous, professionnels de santé, de progresser. Je ne dis pas qu’un praticien qui exerce seul dans son cabinet fait de la mauvaise médecine, mais la discipline évolue très rapidement. D’où l’intérêt de se réunir et d’échanger.

Quels sont les moyens dont vous disposez pour organiser vos activités ?
Nous avons la chance d’être épaulés par l’industrie pharmaceutique, qu’il s’agisse des laboratoires nationaux ou internationaux. Malheureusement, ces aides restent insuffisantes et nous sommes frustrés car nous avons beaucoup d’ambitions. Nous aimerions pouvoir disposer d’un lieu fixe pour nous réunir qui serait agrémenté d’une grande bibliothèque par exemple. Nous aimerions pouvoir inviter plus souvent des professionnels issus du milieu du coaching par exemple, des intervenants issus du monde de la culture, de l’art… Pour la pérennité de l’association, il est également important que tout le monde s’implique. Une association ne doit pas reposer sur un seul ou sur une poignée d’individus. Il faut créer des relais pour évoluer et durer. C’est un travail de longue haleine, mais il est destiné à servir la profession.

 

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