Frédéric Jacquey

Frédéric Jacquey 17 janvier 2018

Président de Roche Diabetes Care France

Président de Roche Diabetes Care France, Frédéric Jacquey a participé, en novembre dernier, à une réunion de clôture des travaux d’un comité d’experts marocains. Engagé dans la lutte contre le diabète, il est convaincu que l’écoute est la clé d’une prise en charge optimale de la maladie. « C’est en écoutant les patients et les soignants que l’on est mesure de développer les meilleures solutions », affirme-t-il. Explications.

 

 Doctinews N°106 Janvier  2018

Frédéric Jacquey

Président de Roche Diabetes Care France


 Doctinews.Pouvez-vous présenter Roche Diabetes Care France ?

Frédéric JACQUEY : Roche Diabetes Care est spécialisée dans le développement de systèmes de surveillance de la glycémie et de pompes à insuline. Roche Diabetes Care France est ce que nous appelons un « management center », chargé de l’importation, la distribution et la vente des produits de Roche Diabetes Care. Aujourd’hui, Roche Diabetes Care France est l’une des trois entités juridiques du groupe Roche en France. Jusqu’en 2014, l’activité de Roche Diabetes Care était une division opérationnelle de Roche Diagnostics France (l’une des trois entités avec Roche Pharma et maintenant Roche Diabetes Care). Elle est devenue autonome le 1er octobre 2014 pour permettre à l’activité de se développer en tenant compte des spécificités du marché. Aujourd’hui, Roche Diabetes Care France intervient dans une trentaine de pays francophones dont la France et le Luxembourg, les autres étant implantés sur le continent africain. Notre spécificité, qui fait aussi notre originalité, est de couvrir un vaste territoire avec des pays aux profils économiques extrêmement différents. Ainsi, certains ont développé un système de prise en charge médicale des patients très développé basé sur la solidarité comme la France et le Luxembourg par exemple. D’autres, comme le Maroc, ont un système de prise en charge récent qui ne couvre pas encore tous les besoins, et d’autres encore n’ont aucun système de prise en charge des patients.

Le diabète est une pathologie qui touche de plus en plus de personnes partout dans le monde. Comment peut-on expliquer cette situation ?

, le diabète est une pathologie qui se développe de manière exponentielle. Selon l’IDF (International Diabetes Federation), le nombre de patients diabétiques est estimé à 430 millions dans le monde. Les prévisions portent ce chiffre à 642 millions en 2040. Soit 200 millions de patients supplémentaires dans les vingt prochaines années. Paradoxalement, le diabète affecte tous les pays du monde, quel que soit le niveau de développement. C’est pour cela que l’on parle souvent de cette maladie comme d’une « pandémie » à l’échelle internationale. Beaucoup de progrès ont été réalisés pour lutter contre la malnutrition, mais le développement de l’alimentation industrielle dans des pays comme l’Inde ou la Chine par exemple impacte aujourd’hui la jeune génération qui se retrouve en surpoids avec un risque élevé de développer un diabète de type 2. Le continent africain et l’Afrique du Nord ne sont pas épargnés avec une progression fulgurante de la maladie . A ce constat s’ajoute un facteur génétique. Ainsi, les populations d’Afrique ont un risque plus élevé de développer un diabète comparativement à la population caucasienne. Les chiffres parlent d’eux-mêmes puisqu’en Allemagne et en France par exemple, le taux de prévalence se situe entre 3 et 4 %. Dans certains pays d’Afrique, il s’élève à 17 %.

Comment qualifiez-vous l’engagement de Roche Diabetes Care en Afrique ?

L’engagement de Roche Diabetes Care en Afrique est avant tout un engagement durable. Le diabète est une pathologie très particulière qui demande un effort de compréhension. Il faut d’abord comprendre ce qu’est la glycémie et comment se manifeste la maladie avant d’envisager atteindre des objectifs glycémiques. Dans la plupart des pays africains, nous travaillons dans ce sens. Il s’agit de diffuser une information, d’expliquer ce qu’est le diabète et d’encourager le dépistage. C’est la première étape. Pour y parvenir, nous travaillons en collaboration avec les ministères de la Santé ainsi qu’avec des organisations non gouvernementales ou d’autres partenaires avec qui nous investissons dans des programmes de lutte ou de dépistage du diabète. Récemment par exemple, nous avons organisé une campagne de dépistage en coopération avec le ministère de la Santé ivoirien. Je pense que nous sommes la seule grande entreprise de santé à œuvrer dans ce sens dans la région de l’Afrique Subsaharienne. Ce sont des pays qui ont à gérer beaucoup de causes prioritaires, notamment en virologie avec le sida, les hépatites… Ils commencent seulement à s’intéresser à d’autres pathologies comme le diabète et ils sont très réceptifs au travail collaboratif dans lequel nous nous engageons pour un meilleur accès à la santé. Lorsque tout est à construire, notre rôle consiste à instaurer un dialogue avec les autorités de santé afin de travailler main dans la main. Il s’agit d’un travail de longue haleine qui s’inscrit dans le temps, mais il est de notre responsabilité de proposer notre aide dans le cadre d’une démarche de prospective.

Et au Maroc, quelles sont les principales actions que vous menez dans le cadre de la lutte contre le diabète ?

Comme je le disais précédemment, le diabète est une pathologie très particulière. Dès lors qu’un patient est diagnostiqué, il est important qu’il comprenne sa maladie. Il s’agit d’une maladie chronique dont le traitement ne consiste pas uniquement à prendre un médicament au cours de la journée. Le patient doit être actif pour parvenir à un équilibre glycémique permanent (ce que le pancréas fait naturellement chez une personne non diabétique). Il mesure sa glycémie et prend une décision thérapeutique en fonction du résultat obtenu. Pour l’aider à prendre en charge sa maladie et encourager l’observance au traitement auquel il a accès au Maroc, nous concentrons nos efforts autour de l’éducation thérapeutique. Nous mettons à disposition des soignants des outils d’éducation comme des applications sur smartphone ou des livrets par exemple, et nous avons accompagné notre partenaire Sterifil et les autorités de santé dans la mise en place d’une salle d’éducation thérapeutique pour les enfants à Rabat. Cette démarche est essentielle car les complications du diabète sont lourdes : dialyse, rétinopathie, amputation du pied… En France par exemple, les amputations du pied sont sept fois supérieures chez les patients diabétiques comparativement à la population classique. Le patient diabétique n’est pas un patient comme les autres. Il est important de l’accompagner et de l’encourager.

Vous avez participé à la réunion de clôture des travaux d’un comité d’experts marocains sur la thématique de l’autosurveillance glycémique du patient. Qu’est-ce qui a motivé votre soutien institutionnel à ce comité ?

Ce soutien est un exemple concret de notre volonté d’accompagner les patients et les soignants dans le cadre d’une meilleure connaissance et d’une meilleure compréhension de la prise en charge du diabète. En effet, les travaux de ce comité ont abouti à l’édition d’un guide pratique de l’autosurveillance glycémique destiné aux professionnels de santé. Nous apportons une pierre supplémentaire à l’édifice, avec notre partenaire Sterifil.

Pouvez-vous nous parler des projets à venir au Maroc ?

Nous allons poursuivre notre travail avec notre partenaire dans le domaine de l’éducation thérapeutique et renouveler les opérations de soutien de projets comme nous l’avons fait par exemple à Rabat. Nous avons également pour objectif de donner accès au Maroc à toutes les nouvelles technologies que nous développons. Dans ce domaine, nous allons introduire en 2018 un nouveau lecteur de glycémie très innovant et le Maroc sera le deuxième pays après la France dans lequel ce lecteur sera lancé. Nous venons également d’ouvrir une page Facebook dédiée au Maroc comme nous l’avons fait en France. Et là encore, le Maroc sera le deuxième pays à en bénéficier. Plus globalement, notre stratégie est de mettre à disposition de tous les pays que nous couvrons le meilleur de notre technologie dès lors qu’elle est adaptée au marché. L’environnement du Maroc est tout à fait propice à l’introduction de nouvelles technologies et nous pouvons nous appuyer sur l’expertise de notre partenaire historique Sterifil avec qui nous sommes dans la dynamique du Maroc qui se développe.

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