Pierre Labbé

Pierre Labbé 14 février 2018

 Pierre Labbé, directeur général de Maphar

Directeur général de Maphar depuis le partenariat conclu entre Eurapharma et Sanofi au mois de juin dernier, Pierre Labbé connait bien les deux entreprises pour avoir cumulé une expérience de 9 années au sein d’Eurapharma et CFAO et 4,5 années chez Sanofi. Dans cet entretien, il livre la vision du nouvel actionnaire pour le développement de Maphar.

 

 Doctinews N°107 Février   2018

Pierre Labbé

Directeur général de Maphar


 Doctinews.En 2017, un partenariat stratégique a été conclu entre Eurapharma, filiale du groupe CFAO, et l’entreprise Maphar, jusque-là détenue majoritairement par le laboratoire Sanofi. Avant d’évoquer les enjeux de ce partenariat, pouvez-vous nous parler d’Eurapharma ?

Pierre Labbé. . Pierre Labbé. Eurapharma est une filiale du groupe CFAO, un groupe historiquement implanté en Afrique et structuré autour de 4 divisions : la division Mobility (véhicules et camions), la division Consumer Goods (produits de grande consommations), la division Technology et Energy et la division Healthcare, c’est-à-dire Eurapharma. L’activité d’Eurapharma, une entreprise au service des laboratoires pharmaceutiques, consiste à proposer différentes prestations aux industriels en fonction des besoins et des marchés : l’enregistrement, l’importation, la production, la distribution et la promotion médicale. Elle a d’ailleurs développé le premier réseau de distribution vers l’Afrique avec une présence dans 27 pays sur ce continent. La distribution est son cœur de métier. Le groupe CFAO était déjà présent au Maroc à travers sa division Mobility. Le partenariat entre Eurapharma et l’entreprise Maphar a offert l’opportunité de déployer la division HealthCare dans le Royaume.

Quels sont donc les enjeux de ce partenariat ?

Depuis le mois de juin 2017, Eurapharma est entrée dans le capital de Maphar à hauteur de 51 %. Sanofi a conservé 49 % des parts. Cette prise de participation majoritaire résulte de l’ambition commune de Sanofi et d’Eurapharma de développer l’activité de l’entreprise Maphar sur les marchés marocain et africain. Il faut savoir que l’entreprise Maphar cumule plus de 65 ans de savoir-faire au service de la santé au Maroc. Elle est l’un des premiers opérateurs pharmaceutiques en termes de production, de volumes et d’activité avec près de 80 millions de boites de médicaments distribuées et 52 millions de boites produites sur le site de Zenata. Elle porte les marques de 25 laboratoires commettants en plus de son activité de production, d’importation et de distribution de produits pharmaceutiques et parapharmaceutiques.

Comment Eurapharma peut-elle contribuer à accélérer le développement de Maphar sur les marchés marocain et africain ?

La stratégie de développement repose sur deux axes : la croissance des portefeuilles existants, ou de nouveaux laboratoires absents du Maroc, et l’export vers le continent africain. Pour le premier axe, il faut savoir que le Maroc est un marché stratégique en Afrique. Avec 25 laboratoires commettants, Maphar est déjà bien positionnée, mais il existe une marge de progression qu’Eurapharma, dont le métier est de gérer des commettants, souhaite saisir. Parallèlement, de nouveaux laboratoires, qui n’étaient pas encore installés au Maroc, sont sur le point de nous rejoindre, ce qui portera notre partenariat à 28 d’ici peu. En ce qui concerne le développement sur le marché africain, comme je le disais plus haut, Eurapharma détient une position de leader dans le domaine de la distribution de produits pharmaceutiques en Afrique. Le mariage entre Maphar, et Eurapharma, premier réseau de distribution vers l’Afrique, permet d’envisager un développement significatif vers le continent africain. Nous avons à la fois l’outil de production, le savoir-faire et le réseau de distribution. Cette initiative est d’autant plus cohérente qu’elle est parfaitement alignée sur les orientations stratégiques d’ouverture des autorités marocaines vers l’Afrique.

Quels sont les produits que vous comptez exporter ?

Actuellement, la population africaine représente 16 % de la population mondiale alors que le marché africain du médicament ne représente que 2 % de la consommation mondiale. Ce décalage énorme montre que, sur ces marchés où le besoin et où la demande existent, il faut développer l’accessibilité et la pertinence des médicaments par rapport aux pathologies rencontrées. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Maphar produit depuis plusieurs années l’anti-paludéen ASAQ de Sanofi, qui est exporté dans plus de 30 pays de l’Afrique Sub-saharienne. De manière générale, je dirais que sur le marché africain, il ne faut négliger aucune piste, et Maphar dispose actuellement d’un portefeuille de produits dont certains sont exportables vers l’Afrique. D’autres s’y ajouteront.

Tous ces projets vont permettre d’augmenter la production locale. Quelle est la marge dont dispose Maphar ?

Le site de Zenata est une des usines les plus importantes du Maroc en termes de volumes avec 52 millions de boites produites en 2017. A ce jour, elle est en mesure de continuer à augmenter ses capacités de production. Toutes les conditions sont donc réunies pour servir l’ambition de développer l’entreprise Maphar, et nous travaillons d’ores et déjà, à l’horizon 2019/2020, à des projets de développement de deux nouvelles formes galéniques qui seront destinées au marché marocain et à ceux de l’export.

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