FATIMA LAHMOUDDI

FATIMA LAHMOUDDI 24 juillet 2019

Présidente du COPFR

Présidente du COPFR depuis 2015, Fatima Lahmouddi a conscience des avancées qu'a connues le secteur. Pour autant, des contraintes existent encore notamment en termes juridiques. Explications.

 

 Doctinews N°123 AOÛT 2019

Fatima LAHMOUDDI

  Présidente du COPFR


 Doctinews.Depuis quand présidez-vous le Conseil de l’Ordre des pharmaciens fabricants répartiteur (COPFR) ?

Fatima LAHMOUDDI.. Je suis à la tête du COPFR depuis le mois d’avril 2015 dans le cadre de mon deuxième mandat en tant que présidente. Mes premières activités ordinales remontent à 2008 quand j’ai été élue pour la première fois par mes confrères et consoeurs membres du COPFR. J’avais occupé d’abord le poste de secrétaire générale adjointe pendant un mandat de deux ans et ensuite celui de secrétaire générale pendant deux autres mandats.

Qui sont vos adhérents ?

Le Conseil de l’Ordre des pharmaciens fabricants et répartiteurs est une instance instituée par Dahir, ayant une personnalité morale et qui regroupe en son sein l’ensemble des pharmaciens exerçant dans les établissements pharmaceutiques avec ses deux composantes industrielle et celle de la distribution et de la répartition. Il va sans dire que ce sont deux professions clés dans le domaine du médicament et de la pharmacie. Il est à signaler que l’exercice de la pharmacie dans les établissements cités plus haut requiert obligatoirement l’autorisation du Secrétariat Général du Gouvernement après avis du Conseil de l’Ordre. Cette autorisation peut prendre plusieurs formes : soit en tant que pharmacien responsable de l’établissement pharmaceutique, soit en tant que pharmacien délégué quand l’établissement dispose de plus d’un site de fabrication ou de stockage ou bien en tant que pharmacien assistant pour soutenir et assister le pharmacien responsable dans ses activités pharmaceutiques.

Quelles sont, en quelques mots, les principales missions du COPFR ?

L’Ordre des pharmaciens remplit un double rôle scientifique et disciplinaire. Sans que cela soit exhaustif, le Conseil a pour principales missions : l d’inciter et de coordonner la participation de ses membres au développement des sciences pharmaceutiques ; l de veiller au respect des lois et règlements régissant la profession et des devoirs et règles édictées dans le code de déontologie ; l de sauvegarder les traditions d’honneur et de probité de la profession et de respecter la discipline ; l de défendre les intérêts moraux de ses ressortissants ; l de formuler son avis sur les projets de lois régissant le secteur ; l de donner un avis consultatif sur les demandes d’autorisation d’exercice en vue d’intégrer la profession. Autrement dit, nous pouvons parler de plusieurs rôles, le premier scientifique et d’accompagnement de ses ressortissants, le deuxième relatif à la discipline dans le cadre du respect par ses ressortissants de la réglementation, de l’éthique et de la déontologie, le troisième d’ordre consultatif sur les projets de textes législatifs et réglementaires qui régissent la profession, le un quatrième ayant trait au contrôle d’accès à la profession et, enfin, un rôle juridictionnel puisque le législateur a voulu que les pharmaciens soient jugés par leurs pairs maîtrisant les problématiques et les spécificités de la profession. Il est important de signaler que le Conseil de l’Ordre n’a pas le statut d’association ou de syndicat.

Le cadre de l’exercice de ces deux professions a-t-il évolué au cours de ces dernières années ?

Effectivement, le rôle et la responsabilité de ces deux professions ont énormément évolué avec l’entrée en vigueur de la loi 17-04 portant Code du médicament et de la pharmacie. Cette loi constitue une réforme majeure dans le domaine pharmaceutique. Elle a en effet apporté des solutions aux problèmes rencontrés avant sa promulgation. Elle a permis la libéralisation du capital tout en renforçant la responsabilité pharmaceutique au niveau des établissements pharmaceutiques. Elle a prévu d’autres formes d’exercice de la pharmacie dans les établissements pharmaceutiques (pharmacien directeur général ou gérant, pharmacien délégué, pharmacien directeur commercial, pharmacien directeur technique, …). La fixation de la liste des actes qualifiés de pharmaceutique, des règles de Bonnes Pratiques de Fabrication et de Bonnes Pratiques de Distribution et des sanctions en cas d’infractions font partie des principaux apports de ladite loi.

Ces évolutions correspondent-elles aux attentes de ces professions ?

Cette réforme a constitué une avancée réelle qui a permis le renforcement de la responsabilité pharmaceutique pour garantir la supervision des différentes étapes de production et de distribution par le pharmacien qui est l’un des spécialistes du médicament au côté des pharmaciens des autres composantes. Après un peu plus d’une douzaine d’années depuis son entrée en vigueur, nous sommes toujours en attente de certains textes d’application de ladite loi. Toutefois, nous constatons avec satisfaction une dynamique de la part des autorités de tutelle qui, en s’inscrivant dans une démarche de concertation, travaillent d’arrache-pied en vue de sortir les textes manquants en vue afin de combler le déficit et de minimiser les contraintes.

Quelles sont les améliorations du cadre d’exercice attendues aujourd’hui ?

Il est connu que le secteur de l’industrie et de la répartition pharmaceutiques ne peut être fort que dans un environnement comportant une assise juridique forte, complète et respectée par les différents acteurs. Les enjeux de santé publique liés au développement de ce secteur sont majeurs et constituent une priorité absolue. Notre secteur dispose d’un certain nombre d’acquis, à savoir : un tissu industriel et de répartition développé pendant au moins une soixantaine d’années, un niveau de qualité respectant les normes et standards internationaux, un encadrement disposant de l’expérience et de l’expertise nécessaires, la certification de certains sites industriels par des agences sanitaires internationales de référence, une distribution des médicaments couvrant l’ensemble du territoire national allant jusqu’aux zones très lointaines et enclavées. Le bureau du conseil de l’Ordre des Pharmaciens Fabricants et Répartiteurs a travaillé sur plusieurs axes concernant notre secteur et a élaboré des propositions et recommandations pour le développement de la profession du pharmacien industriel et du pharmacien répartiteur.

Des réunions de travail ainsi que des séminaires de réflexion ont eu lieu et ont permis d’identifier un certain nombre de besoins et de proposer des améliorations. Parmi les besoins identifiés et les améliorations suggérées, je citerais les exemples suivants :

  • l le renforcement de l’inspection sur le plan qualitatif et quantitatif. Ceci est motivé par l’évolution régulière et très rapide de l’industrie pharmaceutique en termes de connaissances techniques et scientifiques nécessitant des formations continues et pointues en vue d’acquérir l’expérience et l’expertise nécessaires à l’exercice de la profession, et ce dans l’intérêt général et pour garantir au maximum la qualité du médicament et la sécurité de son emploi. Cette proposition est en phase avec les pratiques des autres pays industrialisés (Europe, Etats‐Unis, Japon).
  • l la mise en place d’un cadre juridique pour encadrer de façon explicite l’activité commerciale des établissements pharmaceutiques, l’objectif étant d’éviter l’usage irrationnel des médicaments ainsi que la concurrence déloyale entre les établissements pharmaceutiques.
  • l la mise en place de textes législatifs et réglementaires clairs, applicables et précis et ne laissant pas la place à des ambiguïtés ou à des interprétations différentes.
  • l la mise en place des bonnes pratiques de la publicité des médicaments et de la promotion médicale qui nécessitent aujourd’hui un cadre réglementaire plus large et global.

Le Maroc organise les 5 et 6 juillet prochains la 20e édition du Forum Pharmaceutique International. Quel est le rôle du COPFR dans cette manifestation ?

Il faut préciser que le COPFR est l’une des 4 composantes du Conseil national des Pharmaciens (CNOP). Cet événement est organisé sous l’égide du CNOP et du ministère de la Santé. Le COPFR est une partie prenante du comité scientifique. Il organise ainsi une session sur l’industrie et la répartition pharmaceutiques. Cette session se déroulera en deux panels : le premier sur l’harmonisation des textes législatifs en Afrique et le deuxième sur les challenges de création de site industriel en Afrique et les contraintes et axes d’amélioration concernant le circuit de distribution. Les différentes parties prenantes du secteur, entre autres, les pharmaciens de l’industrie et de la répartition, les autorités de tutelle et les instances ordinales que ce soit du Maroc ou issues des autres pays étrangers, les associations professionnelles et les universitaires sont invités à participer à cette session.

Avez-vous pu développer des partenariats lors de votre mandat ?

Effectivement, le COPFR, de par ses attributions expliquées précédemment, a toujours oeuvré en vue de développer des partenariats dans l’intérêt de la profession et de faire rayonner les compétences des pharmaciens marocains industriels et répartiteurs. Je cite, à titre d’exemple, les partenariats suivants :

  • l Avec les instances ordinales des pays voisins comme la France, la Tunisie et l’Algérie mais également les autres pays africains ;
  • l Avec l’United State Pharmacopeia (USP), une institution américaine de renom qui travaille en vue d’améliorer la qualité et les normes des médicaments et des produits de santé et dont notre conseil est membre observateur ;
  • l Avec le Groupement des pharmaciens industriels de l’Europe (GPIE) avec lequel nous avons co-organisé un symposium à Casablanca en mai 2018 en marge de son assemblée générale alors délocalisée pour la première fois en dehors de l’Europe ;
  • l Et enfin avec nos autorités de tutelle que ce soit le ministère de la Santé ou le Secrétariat général du Gouvernement avec qui nous avons organisé plusieurs manifestations ou rencontres présentant un intérêt indéniable que ce soit pour la profession ou pour le patient marocain.

Et nous sommes optimistes quant à l’avenir de nos relations eu égard au climat de concertation et de confiance mutuelle qui s’est instauré de part et d’autre.

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