Gazyva®

Gazyva® 09 décembre 2017

Lancement officiel au Maroc

Gazyva® est un anticorps monoclonal anti-CD20 humanisé de type II utilisé en onco-hématologie. L’obinutuzumab a été spécialement développé pour se lier à la protéine CD20, qui se trouve sur certaines cellules B, mais pas sur les cellules souches ni sur les cellules plasmatiques. Il est destiné au traitement de la leucémie lymphoïde chronique et du lymphome folliculaire. Ce médicament est désormais disponible au Maroc.

 

L
’occasion du lancement de Gazyva®, utilisé dans le traitement de la leucémie lymphoïde chronique et du lymphome folliculaire, les laboratoires Roche Maroc ont organisé le 21 octobre dernier à Casablanca un symposium scientifique qui a réuni de nombreux hématologues. L’objectif de ce symposium a été de permettre aux hématologues marocains d’échanger autour de l’intérêt thérapeutique de l’obinutuzumab, le premier anticorps monoclonal de type II dirigé contre l’antigène CD20 d’isotype IgG1 recombinant monoclonal humanisé, fabriqué selon un procédé de glyco-ingéniérie. Ce nouveau traitement est indiqué comme traitement de première intention (en association avec le chlorambucil) chez les patients atteints de leucémie lymphoïde chronique non précédemment traités et présentant des comorbidités, et en deuxième intention (en association avec la bendamustine) chez les patients souffrant de lymphome folliculaire n’ayant pas présenté de réponse pendant ou après un traitement par le rituximab ou un schéma thérapeutique contenant du rituximab, ou ayant présenté une progression de la maladie pendant ou après un tel traitement.

Une innovation thérapeutique

Le symposium a été animé par plusieurs experts marocains et étrangers. Chacun a traité un aspect particulier de l’obinutuzumab, une molécule qui, d’après les résultats des études scientifiques qui lui ont été dédiées, offre un réel bénéfice thérapeutique pour les personnes atteintes de leucémie lymphoïde chronique ou de lymphome folliculaire. Selon le Pr Lahoucine Mahmal, chef de service d’hématologie clinique au CHU Mohammed VI de Marrakech, cette nouvelle option thérapeutique présente plusieurs avantages par rapport au rituximab, un autre anticorps monoclonal dirigé contre les CD20 également utilisé dans le traitement de la leucémie lymphoïde chronique. « Ce nouveau médicament très innovant qui cible les cellules cancéreuses dans les lymphomes folliculaires et la leucémie lymphoïde chronique s’est révélé plus efficace que le rituximab. Ceci a été démontré par des études scientifiques sur lesquelles les autorités de santé de plusieurs pays se sont basées pour lui accorder l’autorisation de mise sur le marché, notamment aux Etats-Unis et en Europe », a-t-il indiqué. Concernant la leucémie lymphoïde chronique, les études cliniques ont révélé un bénéfice net de l’utilisation de l’obinutuzumab associé au chlorambucil chez les patients âgés. Une étude (CLL11) de phase III menée auprès de 781 patients âgés de 73 ans en moyenne, atteints de leucémie lymphoïde chronique non précédemment traités et présentant des comorbidités (notamment des troubles cardiaques, des troubles vasculaires, des troubles gastro-intestinaux, des troubles du métabolisme, des troubles rénaux et urinaires et des troubles musculo-squelettiques) a ainsi comparé l’obinutuzumab associé au chlorambucil au rituximab associé au chlorambucil ou au chlorambucil seul. Il en ressort que le taux de réponse des patients au traitement a été de 78,4 % dans le bras l’obinutuzumab + chlorambucil, de 65,1 % dans le bras rituximab + chlorambucil et de 31,4 % pour le chlorambucil seul.

Le bon traitement au bon patient

L’obinutuzumab apporte donc un réel bénéfice thérapeutique chez les patients âgés atteints d’autres pathologies. D’autant que pour cette population, les possibilités thérapeutiques étaient plutôt limitées avant la mise sur le marché de cette nouvelle molécule. Selon le Pr Saadia Zafad, professeur en hématologie et praticienne exerçant à Casablanca, le taux de réponse à ce nouveau traitement, qui est supérieur à celui des thérapeutiques proposées auparavant, constitue une avancée majeure dans la prise en charge des personnes âgées. La spécialiste a toutefois insisté sur l’importance de bien évaluer l’état de santé du patient âgé avant de lui administrer le traitement. « Avec l’augmentation de l’espérance de vie, nous serons amenés à voir de plus en plus de patients âgés atteints de comorbidités. Bien que nous ne soyons pas des spécialistes des maladies du sujet âgé, nous devons être en mesure de réaliser une bonne évaluation onco-gériatrique afin de proposer au patient le traitement qui lui convient le mieux. Nous ne sommes plus dans l’optique de fournir aux patients âgés présentant des comorbidités uniquement des soins palliatifs. Nous devons opter pour les traitements les plus efficaces et les plus adaptés au profil de chaque patient âgé », a-t-elle indiqué. Outre l’efficacité, les études scientifiques se sont également intéressées à la tolérance du nouveau traitement. Selon le Dr Richard Delarue, hématologue à l’hôpital Necker de Paris, les effets indésirables sont surtout liés à la perfusion. « L’administration de cet anticorps monoclonal peut entrainer des réactions allergiques qui sont plus prononcées à la première perfusion, l’incidence et le risque de complications étant nettement moindres, voire nuls à mesure qu’on avance dans le traitement des patients. Il semble que la toxicité soit légèrement plus élevée sur le plan des constantes biologiques et hématologiques. En revanche, il ne semble pas y avoir de toxicité plus importante en termes d’infection, ce qui est très important pour les patients fragiles », a-t-il expliqué.

Survie améliorée

Les experts qui ont animé le symposium sont également revenus sur l’intérêt du traitement chez les patients atteints de lymphome folliculaire rechuteurs ou réfractaires à un traitement à base de rituximab. A la lumière des résultats des études scientifiques qui se sont intéressées à cette question, il apparait que la nouvelle molécule, associée à la bendamustine, apporte un bénéfice indéniable par rapport à un traitement par bendamustine seule. « Nous savons aujourd’hui que 15 à 20 % des personnes atteintes de lymphome folliculaire sont des rechuteurs précoces de moins bon pronostic et pour lesquels un traitement efficace est plus que souhaitable. L’autogreffe des cellules souches périphériques était, dans cette indication, considérée comme un standard. Aujourd’hui, les études scientifiques ont montré que l’association obnituzumab+ bendamustine améliore la survie sans progression de la maladie par rapport à la bendamustine seule. Elle améliore aussi la survie globale des patients chez cette population bien particulière de mauvais pronostic car rechutant précocement ou réfractaire aux précédents traitements », a souligné le Dr Delarue.

Importance diagnostic précis

Les conférences programmées dans le cadre de ce symposium ont été illustrées par des séances pratiques interactives. Animées par le Pr Zafad, le Dr Delarue et le Pr Kamal Doghmi, du service d’hématologie clinique à l’hôpital militaire d’instruction Mohammed V de Rabat, elles ont permis aux participants de discuter des choix thérapeutiques à adopter face aux différents cas cliniques présentés. Selon les experts, les séances pratiques sont un excellent moyen pour aborder d’un point de vue pratique les différentes facettes du traitement de la leucémie lymphoïde chronique et du lymphome folliculaire et les moyens d’améliorer leur prise en charge. Pour le Pr Doghmi, cette amélioration passe notamment par le renforcement du diagnostic précoce et surtout précis de ces deux maladies. « Nous ne devons traiter un patient que si nous sommes vraiment sûrs qu’il est atteint de leucémie lymphoïde chronique ou de lymphome folliculaire. Aujourd’hui, nous disposons des moyens qui nous permettent de réaliser un diagnostic plus précis de ces deux maladies. Il est également très important de ne pas se précipiter sur les traitements car certains patients nécessitent seulement une surveillance de leur état », a-t-il souligné. Le programme du symposium comportait également une session consacrée à l’introduction de Gazyva® au Maroc et qui a été co-animée par les professeurs Abdellah Madani et Zoubida Mezaalek ainsi que le Dr Jalil Bennani. Lors de cette session, l’équipe des laboratoires Roche Maroc s’est engagée à être toujours à l’écoute des praticiens marocains et à mettre à leur disposition tous les moyens leur permettant d’améliorer leurs connaissances sur cette nouvelle molécule. Elle a parallèlement réitéré son engagement à toujours soutenir les praticiens marocains dans leur quête d’excellence

 

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