HER-2 Innovations

HER-2 Innovations 27 décembre 2017

Une deuxième édition réussie

Organisée pour la deuxième année consécutive par les laboratoires Roche, la rencontre HER 2 Innovations a réuni plus de 150 spécialistes en oncologie le 11 novembre dernier à Casablanca. Cet événement a permis de faire le point sur les dernières spécialités développées par le groupe suisse dans le traitement du cancer du sein HER 2 positif.

D
epuis plus de 20 ans, Roche n’a cessé d’innover et de développer des thérapies ciblées qui ont transformé le pronostic des patientes souffrant de cancer du sein HER 2 positif. Elles bénéficient aujourd’hui d’un taux de guérison élevé en situation précoce et d’une survie de plus en plus longue en situation métastatique », a indiqué en introduction le Dr Bart Vanhauwere, directeur général de Roche Maroc et responsable du centre de gestion d’Afrique du Nord basé à Casablanca.

« Aujourd’hui, nous sommes fiers de pouvoir rendre toutes ces innovations accessibles aux patientes marocaines. Herceptin® est disponible depuis 12 ans, Perjeta® depuis 2015 et nous avons récemment mis à disposition des professionnels de santé Kadcyla® ainsi qu’une nouvelle formulation en sous-cutanée d’Herceptin® », a-t-il poursuivi. Il a par ailleurs chaleureusement remercié les professionnels de santé marocains pour l’énergie investie au service du mieux-être et du mieux-vivre de leurs patientes et réitéré l’engagement de Roche dans la mise à disposition du corps médical des thérapies les plus innovantes.

La première session de cet événement a permis aux praticiens présents de discuter de la place de la nouvelle formulation d’Herceptin® injectable par voie sous-cutanée. Pour le Pr Souha Sahraoui du Centre Mohammed VI de traitement des cancers, la mise à disposition de cette nouvelle formulation est une aubaine dans le secteur public. « Je pense qu’il s’agit d’une alternative permettant de décongestionner l’hôpital de jour et de recevoir plus de patientes dans le secteur public », a-t-elle précisé. De son côté, le Dr Mounir Bachouchi, du centre d’oncologie du 16 novembre à Rabat, a évoqué l’idée de proposer aux organismes payeurs de rembourser l’acte d’injection d’Herceptin® en sous-cutané comme s’il s’agissait d’un acte de chimiothérapie.

L’impact du double blocage en néo-adjuvant

Pour aborder la deuxième session intitulée « Traitement néo-adjuvant du cancer du sein HER 2 positif : place du double blocage Herceptin® (trastuzumab) + Perjeta® (pertuzumab)», les laboratoires Roche ont invité deux orateurs français, le Pr Charles Coutant, chirurgien au centre régional de lutte contre le cancer Georges-François Leclerc à Dijon et spécialisé en chirurgie oncologie sénologique, et le Pr Jean-Yves Pierga, chef du département d’oncologie médicale de l’Institut Curie à Paris.

D’emblée, le Pr Charles Coutant a rappelé que la pluridisciplinarité était fondamentale dans la prise en charge des patientes qui présentent un cancer du sein. « Au Maroc comme en France, ce sont les chirurgiens qui rencontrent les patientes en premier lieu. Et, en 2017, il n’est plus possible d’opérer une patiente qui présente une anomalie clinique et radiologique sans preuve histologique », a-t-il affirmé avec force de conviction. « Il est impératif de commencer par une microbiopsie et d’adresser la pièce au laboratoire pour examen anatomo-pathologique ». Il faut également pratiquer une exploration axillaire par échographie et une biopsie des ganglions si l’image présente des anomalies suspectes pour éviter de perdre des informations sur le stade de l’évolution de la maladie dès lors que la chimiothérapie aura été instaurée.

« C’est ensuite la carte moléculaire de la tumeur qui va nous guider dans la stratégie de prise en charge. Dans le cas d’un cancer HER 2 positif, l’enjeu du traitement néo-adjuvant sera de diminuer la taille de la tumeur pour maximiser les chances de recours à la chirurgie conservatrice et de détruire d’éventuelles micro-métastases, ce que la chirurgie ne peut pas faire. De plus, débuter par un traitement néo-adjuvant permettra de recueillir des informations importantes sur la sensibilité des cellules tumorales au traitement si la problématique de rattrapage se pose ». Mais avant d’initier le traitement néo-adjuvant, les experts ont tout particulièrement insisté sur la nécessité de procéder à une IRM mammaire afin de disposer d’une évaluation parfaite de la tumeur, de demander au radiologue de poser un clip dans la tumeur et de procéder à un bilan d’extension. A ce stade et avec tous ces éléments, le dossier peut être discuté en consultation pluridisciplinaire associant oncologue, radiothérapeute, anatomopathologiste et chirurgien afin d’optimiser la prise en charge de la patiente. L’objectif étant de lui proposer le meilleur traitement, au meilleur moment, avec la meilleure séquence thérapeutique. Dans le cas d’un traitement néo-adjuvant avec double blocage Herceptin® + Perjeta®, plus de 50 % des tumeurs HER 2 positives sont répondantes. D’où l’intérêt de proposer ce schéma thérapeutique, d’autant que l’initiation d’un tel traitement permet de voir régulièrement la patiente et, ainsi, de surveiller la tumeur et de suivre son évolution.

Les progrès face aux métastases

La troisième session de la rencontre a porté sur le traitement du cancer du sein HER 2 positif métastatique en 1ère puis en 2e ligne et de la place respectivement du double blocage Herceptin® + Perjeta® et de Kadcyla®. En première ligne, l’essai Cleopatra a permis de comparer la bithérapie de référence trastuzumab associé à la chimiothérapie au protocole trastuzamab + pertuzumab associé à la chimiothérapie. « Cet essai a inclus des patientes atteintes d’un cancer métastatique HER 2 positif en première ligne, sans récidive inférieure à 12 mois depuis la fin d’un traitement néo-adjuvant ou adjuvant », a expliqué le Pr Jean-Yves Pierga.

Dans la phase III, 808 patientes provenant de 25 pays ont été randomisées dans deux bras : pertuzumab + trastuzumab + docetaxel et placebo + trastuzumab + docetaxel. « Les résultats de cet essai ont clairement montré un avantage significatif en terme de survie sans progression de plus de 6 mois pour les patientes recevant du pertuzumab.

Mais le facteur décisif porte sur le gain de survie globale qui s’est révélé supérieur à 15 mois (15,7 mois) », a indiqué le spécialiste. En deuxième ligne, l’essai déterminant qui a permis l’homologation de Kadcyla® (trastuzumab emtasine ou TDM1) a inclus 991 patientes en phase III. Baptisée Emilia, cette étude a comparé le traitement standard lapatinib + capécitabine au TDM-1. « Là encore, les résultats sont significatifs puisque la survie sans progression a été augmentée de 3 mois et que le gain en terme de survie globale s’est élevé à presque 6 mois en faveur du TDM1 », a commenté le Pr Pierga tout en rappelant qu’il s’agit d’une 2e ligne de traitement pour des patientes atteintes d’un cancer HER 2 positif métastatique. L’efficacité du TDM-1 a par ailleurs été confirmée par les résultats de l’essai TH3RESA qui a inclus 602 patientes ayant reçu précédemment au moins deux lignes de traitement incluant du trastuzumab, du lapatinib et une chimiothérapie par taxane, puisque la survie sans progression a été augmentée de presque trois mois dans le bras TDM-1 avec des effets secondaires moins sévères. A noter que, dans cette étude, le traitement par TDM-1 était comparé à différentes chimiothérapies laissées à l’appréciation du praticien. Toutes ces données confirment que le développement des thérapies ciblées a transformé le pronostic pour les patientes atteintes d’un cancer HER 2 positif qui représente 1/5e des cancers du sein. « La prise en charge de ce cancer très agressif est sans aucun doute celle qui a connu le plus d’innovations au cours de ces dernières années, tous cancers du sein confondus, avec des résultats exceptionnels », a d’ailleurs souligné le Pr Saber Boutayeb, responsable de l’hôpital de jour à l’Institut national d’oncologie de Rabat.

 

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