SPACE Morocco

SPACE Morocco 03 janvier 2018

Les médecins généralistes à l'honneur

Pour la première fois, le Sun Pharma Academic Event Morocco (SPACE Morocco) a été entièrement dédié aux médecins généralistes. La qualité du programme scientifique, les débats interactifs très riches et l’ambiance conviviale qui a régné tout au long de l'événement ont largement contribué au succès de cette édition.

L
'organisation du SPACE Morocco s’inscrit dans le cadre de la volonté des laboratoires SUNPHARMA d’offrir aux médecins marocains un espace de débat et d’échanges scientifiques propice à l’enrichissement des connaissances. Le comité d’organisation de cet événement d'envergure a opté pour des thèmes de pratique courante en médecine générale. Ainsi, il a été question du choix de l’antibiothérapie, de la prise en charge de l’anxiété et de la dépression en médecine générale et de la prescription des inhibiteurs de la pompe à protons (IPP), des thèmes qui ont été abordés par des experts de renom.

Importance d'une antibiothérapie raisonnée

Les différentes conférences ont été marquées par des échanges interactifs très riches entre les participants et les orateurs. Ces derniers ont privilégié une approche volontairement orientée vers la pratique en présentant une série de cas cliniques qui comportaient des questions à choix multiples et auxquelles les participants pouvaient répondre en utilisant un boîtier électronique dédié. Cette approche s’est révélée très judicieuse puisqu’elle a permis d’aborder toutes les facettes des différents thèmes discutés. Ainsi, les médecins généralistes ont pu retenir facilement les messages clés des conférences qui leur seront certainement très utiles dans leur pratique quotidienne, surtout en matière de prescription de certains médicaments. Concernant le thème de l'antibiothérapie, le Pr Kamal Marhoum Filali, chef du service des maladies infectieuses au CHU Ibn Rochd de Casablanca, a expliqué que la prescription des antibiotiques doit être un acte réfléchi. « Toute prescription d’antibiotique doit être basée sur plusieurs éléments, notamment le type de germes visés par l’antibiotique, le site de l’infection et la sensibilité des germes. Le médecin doit aussi s’intéresser au profil du patient et tenir compte de certains critères tels que l’âge et la présence d’une insuffisance rénale ou d’une grossesse afin de choisir les antibiotiques les plus appropriés », a-t-il indiqué. Il a ajouté que la prescription, lorsqu’elle est raisonnée, permet d’éviter au patient le risque de développer des résistances aux antibiotiques, ce qui pourrait dans certains cas lui être fatal. Ce phénomène a pris d'ailleurs des proportions inquiétantes et a incité plusieurs organismes scientifiques dans le monde à tirer la sonnette d’alarme afin de limiter sa progression. « Nous ne devons pas utiliser des antibiotiques puissants à très large spectre pour des infections qui peuvent très bien être traitées par des antibiotiques à spectre plus étroit. Imaginez que vous voulez tuer une mouche posée sur un mur en utilisant un lance-roquette. Certes, votre but sera atteint mais vous allez causer des dégâts considérables au mur qui étaient pourtant évitables. Je donne souvent cet exemple pour illustrer mes propos lorsque j’évoque les dangers d’une antibiothérapie inadaptée et de ses conséquences désastreuses », a-t-il souligné.

Dépression et anxiété : souvent liées

Les participants ont par la suite assisté à une conférence axée sur la prise en charge de la dépression et de l’anxiété par le médecin généraliste qui a été animée par le Dr Youssef Mohi, psychiatre - psychothérapeute et ex-directeur de l’Hôpital psychiatrique de Berrechid. Lors de son intervention, ce spécialiste a mis l’accent sur la fréquence très élevée de ces deux pathologies dans le monde. « La prévalence de l’anxiété et de la dépression chez la population générale est de l’ordre de 10 à 15 %. Par ailleurs, selon l’Organisation mondiale de la santé, la dépression sera classée en 2020 au 2e rang des maladies les plus sévères en termes de coût global et de handicap. Ces deux pathologies constituent donc un problème majeur de santé publique », a-t-il indiqué. Il a ajouté que l’anxiété et la dépression sont des réalités distinctes mais partagent des bases physiopathologiques communes de nature cognitive et/ou émotionnelles qui fondent leurs rapports étroits et souvent complexes. « Le médecin doit toujours rechercher activement des antécédents de troubles anxieux chez tous les patients consultant pour dépression car la comorbidité est un facteur de moins bon pronostic. Il doit choisir les médicaments qui permettent d’agir à la fois sur la dépression et l'anxiété afin de garantir un effet global et surtout durable. Lorsqu’il constate une réponse insuffisante sur la composante anxieuse, une psychothérapie spécifique doit être envisagée, notamment pour limiter le risque de rechute d’une dépression secondaire », a-t-il expliqué.

Gare aux bénzodiazépines !

Le spécialiste a également insisté sur le fait que les benzodiazépines sont inefficaces pour traiter la dépression et ne doivent pas être prescrits comme traitement de fond pour les troubles anxieux. De plus, ils peuvent induire des effets secondaires qui impactent négativement le quotidien des patients (risque de dépendance, troubles de la mémoire...). « Certes, les benzodiazépines peuvent être utilisés au début du traitement comme traitement adjuvant. Toutefois, ce sont les antidépresseurs qui permettent d’agir efficacement sur la dépression et les troubles anxieux. Le choix de l’antidépresseur doit par ailleurs être basé sur son efficacité et son acceptabilité », a-t-il souligné. Il a, à ce propos, présenté une étude scientifique qui a été publiée dans The Lancet en 2009 et dont l’objectif a été de d’évaluer l’efficacité et l’acceptabilité de 12 antidépresseurs de dernière génération. Ses résultats montrent des différences cliniques importantes entre les différents antidépresseurs communément prescrits. Ils devraient aider les cliniciens dans le choix d’un antidépresseur pour le traitement d’un épisode dépressif majeur (associé ou non à une anxiété) ou d’un trouble anxieux seul. En plus des thèmes de l’antibiothérapie et de la prise en charge de la dépression et de l’anxiété, les médecins généralistes ont pris part à une conférence consacrée à l'utilisation des IPP dans la vraie vie.

Les IPP dans la vraie vie

La thématique des IPP a été abordée par le Pr Mohammed Joutei Tahiri, professeur-assistant de gastroentérologie au service de gastroentérologie du CHU de Casablanca, sous un angle très pratique qui a permis aux participants d'échanger autour de la prescription de ces médicaments indiqués, entre autres, dans le traitement de la dyspepsie et de l'ulcère gastro-duodénal et dont l'action permet de réduire la production de l'acidité gastrique en agissant sur la pompe à protons. En présentant des cas cliniques issus de la vraie vie, et tout en soulignant l'intérêt des IPP dans le traitement des pathologies liées à l'acide comme le reflux gastro-œsophagien et la maladie ulcéreuse, le Pr Tahiri a insisté sur l'importance d'une utilisation rationnelle de ces médicaments. Il a également évoqué les précautions qui doivent être prises en cas de mise sous IPP au long cours, notamment pour éradiquer une hélicobacter pylori ou pour traiter une dyspepsie. « Avant de prescrire des IPP pour traiter une dyspepsie, il faut d'abord s'assurer que cette dernière soit fonctionnelle et non organique. Par ailleurs, lorsque le diagnostic du reflux gastro-œsophagien n'est pas évident, il faut indiquer une fibroscopie avant d'instaurer un traitement à base d'IPP au long cours », a-t-il expliqué. La conférence a été marquée par des échanges très interactifs entre l'expert et l'assistance et qui ont grandement facilité la diffusion des messages de sensibilisation relatifs à l'utilisation des IPP par les médecins généralistes dans leur pratique quotidienne. A l'issue des conférences, les participants ont exprimé leur satisfaction quant à la qualité des débats et de l'organisation. Ils ont aussi salué les efforts déployés par les laboratoires SUNPHARMA pour permettre aux médecins marocains d'être toujours au fait de l'actualité médicale.

 

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