Diabète

Diabète 09 mai 2018

Sensibiliser encore et toujours

La Société marocaine d’endocrinologie-diabétologie et nutrition a organisé son 41e Congrès national, qui a été jumelé avec la 2e édition du Congrès de la Société africaine du métabolisme et nutrition, à Marrakech du 28 février au 3 mars derniers.

Cet événement scientifique d’envergure, qui a été placé sous le Haut patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, a été marqué par des échanges très riches autour de nombreuses thématiques qui relèvent de la spécialité. Les participants ont discuté notamment des affections de la thyroïde, de l’hypophyse et des glandes surrénales, des thématiques qui ont été déclinées en plusieurs sous-thèmes. La dernière conférence programmée lors du congrès a été consacrée à la médecine traditionnelle et le diabète en Afrique. « A travers la programmation de cette conférence, nous avons voulu souligner le long chemin que nous devons encore parcourir pour améliorer la prise en charge du diabète en Afrique. Pour une partie très large de la population du continent, la survenue du diabète résulte d’un mauvais sort.

Les patients recourent donc à des guérisseurs traditionnels pour leur concevoir des gris-gris censés conjurer le mauvais sort et chasser la maladie ou à des préparations à base de plantes. A cause de telles pratiques, les patients arrivent chez le médecin à un stade très avancé de la maladie, lorsque les moyens thérapeutiques ne peuvent plus agir efficacement sur leur diabète », a indiqué le Dr Hamdoun Lhassani, président de la SMEDIAN. Pour lui, la bataille contre le diabète est loin d’être gagnée dans les pays africains, et notamment au Maroc. « Au Maroc, le taux des personnes souffrant de diabète serait de 13 %, soit plus de 3 millions de personnes, parfois négligées et mal soignées, même celles qui sont prises en charge par le ministère de la Santé, car le traitement du diabète ne s’arrête pas à la distribution de l’insuline », a-t-il affirmé. Selon lui, même si la situation est critique, il faut continuer à sensibiliser la population aux risques du diabète. « Il ne faut pas avoir peur du diabète mais plutôt de ses très nombreuses complications. Tel est le message que nous devons véhiculer à travers les médias tous les jours.

Il faut aussi mettre en place des actions de sensibilisation et de dépistage dans les douars, les montagnes et les régions éloignées du pays, celles où il n y a pas de spécialistes ou de structures de soins et continuer à dénoncer les messages pernicieux véhiculés par certaines personnes sur les prétendues vertus de certaines plantes et qui sont relayés parfois par les médias. C’est à ce prix que nous pourrons espérer un jour limiter les conséquences désastreuses de la maladie », a-t-il conclu.

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