Médicaments décongestionnants nasaux

Médicaments décongestionnants nasaux 20 décembre 2018

Rappel du bon usage

Les médicaments décongestionnants nasaux pour usage systémique qui contiennent un vasoconstricteur (pseudoéphédrine, phenyléphrine ou phenylpropanolamine) sont disponibles sans ordonnance. Cependant, ils peuvent être à l’origine d’effets indésirables graves cardiovasculaires et neurologiques centraux, notamment s’ils ne sont pas utilisés conformément à leur autorisation de mise sur le marché [1].

 

Au Maroc, comme au niveau international (France [2]), ce type de médicaments continue de faire l’objet de mauvaise utilisation, et ce malgré des rappels antérieurs des règles du bon usage (décembre 2012). L’analyse de la base de données du Centre national de Pharmacovigilance (CNPV, novembre 2018) a montré que 68 % des cas notifiés au centre correspondent à des cas survenus hors les conditions normales d’utilisation : erreurs médicamenteuses et mésusage (55 %), intoxication accidentelle chez l’enfant (11 %). Les erreurs médicamenteuses ont concerné : l L’utilisation de ces médicaments chez des enfants de moins de 15 ans ; l L’association de plus d’un médicament à base du Paracétamol, dont un cas d’hépatite fulminante ayant engendré l’hospitalisation et mis en jeu le pronostic vital du patient ; l L’association de médicaments à base de vasoconstricteurs ; l Une durée de traitement supérieure à 5 jours.

Rappel important

Au regard des risques d’effets indésirables graves sous les médicaments décongestionnants nasaux pour usage systémique, de la large utilisation de ce type de médicaments en automédication et de la persistance de leur mauvaise utilisation, le CNPV souhaite attirer l’attention des professionnels de santé et, à travers eux, le grand public sur les points suivants : l le rhume guérit spontanément en 7 à 10 jours sans traitement ; l les médicaments décongestionnants nasaux pour usage systémique sont contre-indiqués en cas de : hypersensibilité à l’un des composants, enfant de moins de 15 ans, antécédents d’accident vasculaire cérébral ou de ses facteurs de risque, HTA sévère ou mal équilibrée par le traitement, insuffisance coronaire sévère, risque de glaucome par fermeture de l’angle, risque de rétention urinaire liée à des troubles urétroprostatiques, antécédents de convulsions, allaitement, en association avec les IMAO non sélectifs ; l l’association de deux décongestionnants est également contre-indiquée, quelle que soit la voie d’administration (orale et/ou nasale), car inutile et dangereuse ; l leur utilisation est déconseillée pendant la grossesse ; l certaines spécialités pharmaceutiques contiennent du paracétamol et exposent donc à un risque d’atteinte hépatique si elles sont associées entre elles ou avec d’autres médicaments à base de paracétamol ; l le respect de la dose et de la durée du traitement est essentiel (ne pas prolonger le traitement au-delà de 5 jours) ; l il faut toujours garder les médicaments hors de la portée des enfants. Les médicaments décongestionnants nasaux en question sont commercialisés au Maroc sous forme d’associations avec d’autres principes actifs, essentiellement avec des analgésiques antipyrétiques et des antihistaminiques, mais aussi avec des vitamines et de la caféine (Actifed®, Dolirhume®, Ephedryl®, Humex Rhume J/N®, Rhufene Rhume®, Rhumagrip®, Rhumix®, Rinomicine®, Rupton®, Zucam®). Le CNPV rappelle que les professionnels de santé, ainsi que les industriels, doivent lui déclarer tout effet indésirable suspecté d’être dû à un médicament dont ils ont connaissance, qu’il soit survenu dans les conditions normales d’utilisation ou hors les conditions normales [3].

Références

  1.  ANSM. Décongestionnants de la sphère ORL renfermant un vasoconstricteur : Mise en garde (11/12/2012), [en ligne]. https://ansm.sante.fr
  2.  ANSM.Décision du 15 décembre 2017 portant modification des autorisations de mise sur le marché des spécialités contenant de la pseudoéphédrine administrées par voie orale, [en ligne]. https://ansm.sante.fr
  3.  Ministère de la Santé. Circulaire n° 003 (4 janvier 2016) relative à l’organisation du Système National de Pharmacovigilance.

 

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