Dosage du fer sérique et de l’urée

Dosage du fer sérique et de l’urée 12 juin 2019

Et si on y réfléchissait ?

Il n’est pas toujours aisé, pour de nombreux patients, de supporter les coûts des examens complémentaires préconisés par le médecin. Dans ce contexte, et afin d’optimiser la prescription, il convient parfois de mettre de côté certaines habitudes et/ou réflexes afin de ne pas demander le dosage de certains marqueurs parfois inutiles et coûteux.

 

Afin de caractériser un déficit en fer chez une patiente adulte qui présente des manifestations telles qu’une chute des cheveux et une irritabilité associées à des ménorragies, le praticien peut opter pour trois attitudes. De manière rationnelle, il peut être convaincu que toute femme qui souffre de ménorragies présentera, à plus ou moins long terme, une carence en fer.

Par conséquent, il n’est pas utile de demander une prise de sang pour débuter un traitement de supplémentation, excepté dans l’objectif de mesurer, de quantifier pour comparer les valeurs par la suite. Cette attitude pragmatique sera confortée par l’absence de fatigue, d’essoufflements ou de pâleurs des muqueuses qui permet d’écarter l’éventualité d’une anémie surajoutée, dans la mesure où la carence en fer ne s’accompagne pas au départ d’une anémie. Fer sérique ou ferritine ? Lorsque le praticien opte pour des dosages biologiques, il est inutile de demander le dosage du fer sérique. En effet, en cas de carence, les taux de fer libre peuvent être normaux, bas ou élevés.

Dans la plus grande majorité des cas, la Haute autorité de santé en France (HAS) ne recommande que l’unique dosage de la ferritine, sauf circonstances particulières (population spécifique, jeune enfant ou personne âgée, et en l’absence de syndrome inflammatoire).

Concernant les valeurs de la ferritine, il est important de ne pas considérer que le taux est normal lorsqu’il se situe entre la valeur de référence la plus basse et la valeur de référence la plus élevée, considérées comme des valeurs normales. En effet, ces valeurs indicatives semblent avoir été établies sur la base des valeurs retrouvées au sein de la population.

En matière de ferritine, il est actuellement établi que des valeurs autour de 10 ng/ml (qui constituent la valeur basse de référence) sont de loin insuffisantes. Un taux qui oscille aux environs de 60 ng/ml est un minimum à attendre. Urée sanguine et urée urinaire Concernant la fonction rénale, des dosages répétés en cours d’année, probablement trop fréquents eu égard à la faible prévalence de l’insuffisance rénale dans une population générale, sont effectués qui comprennent les dosages de la créatinine et de l’urée. La question qui se pose est celle de l’intérêt du dosage de l’urée chez une personne qui, a priori, n’a aucune raison d'être insuffisante rénale. L’urée est un déchet azoté provenant de la dégradation des protéines par le foie ; le taux d’urée ne dépend pas seulement de la fonction rénale puisqu’il est aussi lié aux apports alimentaires, à l’âge, à l’état de déshydratation de la personne et au degré de catabolisme de cette personne. L’urée ne devrait donc être dosée que si le médecin a toutes les bonnes raisons de penser que son malade présente une insuffisance rénale. Et dans ce cas, le rapport urée sanguine sur urée urinaire pourra permettre d’en identifier la cause. Or, qui dose l’urée urinaire en pratique courante ? Si le dosage de l’urée était soigneusement pris en compte, après avoir fait l’objet d’une lecture attentionnée, il pourrait être utile de demander le dosage de l’urée dans le sang dans d’autres conditions et de s’intéresser aux taux élevés d’urée ainsi qu’aux valeurs basses qui peuvent révéler une insuffisance hépatique, un état d’alcoolisme, de malnutrition ou toute autre hépatopathie. Dans le cas contraire, il est clair que le dosage de l’urée dans le sang, dont la quantité produite chaque jour varie en fonction de l’alimentation, n’est pas nécessaire et qu’il est donc préférable de s’en tenir aux taux de créatinine. Une telle attitude permettra aux patients et aux organismes payeurs de réaliser des économies sans pénaliser le malade. Nul besoin donc d’associer le dosage de l'urée à celui de la créatinine sauf s’il est demandé par un médecin néphrologue.

 

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