Santé mentale

Santé mentale 06 avril 2021

Le ras-le-bol des adolescents raconté par les pédopsychiatres

Les adolescents ont le sentiment d’être les grands oubliés du contexte social qui prévaut depuis maintenant une année. Alors que l’adolescence est une période de construction identitaire, la réduction drastique de la vie sociale est difficilement propice à cette construction.

Les adolescents sont à la peine. Les restrictions engendrées par le contexte sanitaire et l’apparition de nouveaux variants qui n’augure rien de bon quant à la situation épidémiologique, pèsent lourd sur le moral des lycéens en particulier. "Les enfants sont moins impactés car ils ne sont pas tenus de porter le masque à longueur de journée, ce qui n’est pas le cas des adolescents. Il y a un relâchement énorme des gestes barrières chez les adolescents, notamment par rapport à la distanciation sociale et au port du masque, parce qu’il y a un ras-le-bol de toutes ces mesures", observe le Dr Soraya Dorhmi, pédopsychiatre.

Sarah Berrada, psychologue, dit recevoir "beaucoup de jeunes patients qui, vraiment, n’en peuvent plus de cette situation". Et pour cause : "Cela fait déjà un an qu’on les empêche de vivre leur vie, de se retrouver pleinement entre amis… Avoir une vie sociale drastiquement limitée tout en passant par une période dédiée à la construction identitaire qu’est l’adolescence, forcément, ça ne va pas ensemble. J’ai beaucoup de patients qui font des crises d’angoisse, qui disent ne plus vouloir aller à l’école et préférer le 100% distanciel, qui se révoltent contre l’autorité, en l’occurrence celle des parents et des enseignants."

Certains adolescents se sont en effet tellement repliés sur eux-mêmes qu’ils finissent par ne plus vouloir franchir le seuil de l’établissement scolaire. "Des patients ont énormément régressé en termes d’adaptation sociale, à tel point qu’ils préfèrent désormais être entièrement en distanciel ou passer le baccalauréat en candidat libre. Sauf que sur le plan académique et pédagogique, l’impact s’en ressent. Sur le plan social également, ils se privent, ou sont privés, de ces moments de rencontres, de partages. L’agenda social qu’ils avaient auparavant a disparu. Il est certain qu’on ne se construit pas dans ces conditions", indique le Dr Soraya Dorhmi.

 

Source : Médias24

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