Accord entre ministère et pharmaciens

Interview avec la FNSPM

Un accord de principe vient d’être conclu entre le ministère de la Santé et les pharmaciens d’officine. Interview avec Mounir Tadlaoui, secrétaire général de la Fédération nationale des syndicats des pharmaciens d’officine (FNSPM).

Doctinews : Au terme d’une longue bataille, vous venez de conclure un accord de principe avec le ministère de la Santé dans le cadre de la baisse des prix des médicaments. Quelles en sont les grandes lignes ?
 
Mounir Tadlaoui : Dans un cadre de concertation et de respect mutuel et à l’issue de différentes réunions, la commission du prix du médicament composée des seuls officinaux et des représentants du ministère est parvenue à un accord de principe qui permettra aux pharmaciens de sauvegarder l’équilibre financier précaire de l’officine, tout en appliquant la baisse des prix des médicaments.

Une des premières mesures concerne l’augmentation des marges des officinaux sur les médicaments à forte rotation selon des tranches de PPM qui seront définies conjointement ultérieurement. Elles seront précisées par le nouvel arrêté ministériel sur les prix. Les négociations seront entamées cette semaine. A noter que la baisse des prix des produits en question n’entrera en vigueur qu’après compensation des marges des officinaux.

Lorsque le nouvel arrêté ministériel sera publié, les produits hospitaliers et chers (cancer, hépatite…) qui échappent aujourd’hui au pharmacien d’officine seront réintroduits dans le circuit officinal en tenant compte de la baisse de prix. Seront prises en considération les baisses qui ont été déjà accordées il y a plusieurs mois et dont la baisse n’a été effective que dernièrement ou le sera incessamment après écoulement du stock de sécurité des industriels. Cette deuxième mesure était également essentielle à la préservation de l’activité de l’officine.

Enfin, une troisième mesure est relative à l’élaboration de projets de circulaires, notamment celle concernant le retour du monopole des produits vétérinaires à l’officine, ainsi que celle de l’élargissement de l’inspection pour qu’elle s’étende à tous les lieux où sont vendus des médicaments ou les produits pharmaceutiques (souk El fellah, Derb Omar, kiosques devant les hôpitaux….).

Les recommandations du rapport BCG, qui préconisaient une baisse de la marge des pharmaciens, sont-elles définitivement enterrées ?

Elles le sont. Nous avons obtenu le retrait des recommandations du rapport BCG sur la baisse de la marge du pharmacien qui prévoyait d’instaurer un principe de marges dégressives (20, 15, 10 et 5 %) selon les tranches du PPM à partir d’un montant de 170 dirhams. La compensation de la marge du pharmacien a été revue à la hausse suite à l’effort consenti sur les produits chers et à l’impact de la baisse des prix sur la viabilité économique de l’officine.

Trois cent vingt médicaments sont aujourd’hui concernés par la baisse des prix. Une deuxième étape prévoit d’appliquer une baisse de prix à plus de 1 000 médicaments. En quoi ces deux étapes étaient-elles nécessaires pour les pharmaciens ?

Nous avons pu convaincre le ministre de ne baisser les prix, dans un premier temps, que de 320 produits, chers pour la plupart (hépatite, cancer..), dont la majorité ne transite pas par l’officine. Cette baisse de prix n’aura donc pas de répercussions sur le chiffre d’affaires du pharmacien. Avant d’opérer la deuxième baisse qui s’appliquera à près de 1000 médicaments, il fallait mettre en place les mesures compensatoires pour maintenir l’équilibre financier de l’officine. Les modalités de l’augmentation de la marge de l’officine seront précisées par le nouvel arrêté ministériel en cours d’élaboration, d’où la nécessité d’attendre sa publication avant de baisser les prix.

Quels sont les autres acquis récents de la profession ?

Nous avons obtenu la publication de la circulaire 131 sur le circuit de distribution, de la circulaire 132 relative à l’interdiction de vente de médicaments aux cabinets médicaux, d’une circulaire sur les produits d’hygiène corporelle, du décret sur la pharmacopée, et le ministère a promis que, désormais, rien ne se fera au détriment du pharmacien d’officine. Ces acquis reposent sur le soutien inconditionnel de la profession, la mobilisation de tous les syndicats du Royaume, des conseils de l’ordre…. Notre combat est encore long. Nous resterons vigilants, mobilisés, confiants, car nous savons qu’il y a 12 000 pharmaciens derrière nous. Nous ne ménagerons aucun effort pour être toujours à la hauteur de leurs attentes.

15 novembre 2012

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