Santé reproductive

Santé reproductive 11 juin 2021

L’infertilité, un tabou difficile à briser au Maroc

L’infertilité touche plus de 850.000 couples marocains. C’est ce qui ressort d’une étude de perception intitulée : « Les pouvoirs publics et les professionnels de la santé face à l’infertilité ».

Réalisée par le Think Tank Radius, à travers son laboratoire Global Santé, cette étude, menée du 02 février au 24 novembre 2020, avait pour finalité de recueillir l’avis des parties prenantes (médecins, CHU, agences de régulation, ministère, association de patients, etc.) sur l’état des lieux de la gestion de l’infertilité au Maroc, et de collecter leurs principales recommandations pour améliorer la prise en charge de cette maladie, sur le plan médical, sanitaire, social et économique.

« Nous souhaitions mettre en lumière un sujet qui touche de nombreuses familles marocaines, souvent en souffrance, non pas seulement pour des raisons médicales mais aussi sociales et psychologiques. Le sujet préoccupe aussi bien les autorités que les praticiens. Avoir leurs avis et leurs recommandations est une manière de mettre ce sujet tabou un peu sous les projecteurs », précise Hatim Benjelloun, Fondateur du Think Tank Radius.

Réalisée en partenariat avec l’Association MAPA (Marocaines des Aspirants à la Maternité et à la Paternité), l’étude montre que plus de 850.000 couples souffrent d’infertilité au Maroc. Elle révèle aussi qu’une grande majorité des couples marocains perçoivent l’infertilité et l’Assistance Médicale à la Procréation (AMP) comme un sujet tabou.

« L’effort de lever le voile sur la détresse vécue par les couples infertiles et la mise en exergue des aspirations des professionnels de la santé, en lien avec l’exercice de l’AMP au Maroc, est une nouvelle tentative de rappeler, sensibiliser, encourager, inviter et inciter les pouvoirs publics à revoir leur contribution », souligne Aziza Ghallam, Présidente de l’Association MAPA.

 

Toujours un sujet tabou

 

D’après l’étude, le sujet tabou de l’infertilité se heurte souvent aux valeurs religieuses et culturelles marocaines. Pour cela, les professionnels de la santé suggèrent d’inscrire l’infertilité parmi les priorités médicales, en associant systématiquement le ministère des Affaires islamiques et celui de la Solidarité, du Développement social, de l’Egalité et de la Famille. Objectif : éclairer, sensibiliser et guider les couples dans le cadre de l’AMP.

Touchant près de 15% de la population marocaine, de nombreux préjugés et travers de perception chargent l’imaginaire collectif autour de cette maladie. L’étude fait ainsi ressortir quelques idées préconçues et faits réels :

 Les femmes sont considérées à tort comme seules responsables en cas d’infertilité dans le couple ;

 Les femmes et les hommes sont impliqués à parts égales dans les problèmes d’infertilité ;

La virilité et la fertilité sont deux notions différentes à ne pas confondre ;

Le recours à la médecine traditionnelle ne fait que retarder le diagnostic et la prise en charge.

Aussi, l’étude souligne l’importance des conséquences économiques et sociales de l’infertilité. L’AMP demeure en effet très coûteuse. Elle coûte entre 25.000 DH et 45.000 DH, et, donc, n’est pas à la portée de toutes les bourses. L’étude nous fait apprendre, en ce sens, que le ministère de la Santé a officialisé, le 30 novembre 2020, l’intégration de certaines classes thérapeutiques indiquées dans la prise en charge de l’infertilité à la liste des médicaments remboursables dans le cadre de l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO).

« Considérés par certains comme un problème de santé publique et par d’autres comme une maladie qu’il est nécessaire de traiter, les troubles de la fertilité demeurent une pathologie dont les impacts sont multiples », indique-t-on.

Afin de surmonter les différentes problématiques rencontrées par les patients et les professionnels de la santé, poursuit la même source, les autorités gagneraient à démocratiser l’accès aux soins relatifs à l’infertilité et à l’AMP à tous les couples marocains, sur l’ensemble des régions.

« Grâce aux efforts conjoints et aux actions déployées par les acteurs publics, les professionnels de la Santé, les couples souffrant d’infertilité seront désormais mieux couverts et pris en charge », affirme le think tank Radius.

 

Source : L’Opinion 

 

dans la même rubrique

Décès

Décès

Monsieur Radouane El Ghafri  n’est plus

L’industrie pharmaceutique marocaine est en deuil. Et pour cause, Monsieur Rado...

Internat en médecine

Internat en médecine

Une nuit de garde simulée, à l’UM6SS de Casablanca

Le Centre de Simulation (IMSC) de l’Universit...

La loi 33-21 entre en vigueur

La loi 33-21 entre en vigueur

Voici les conditions d'exercice pour les médecins étrangers

Ayant pour objectif de combler la pénuri...

Hépatite

Hépatite

L’ALCS dénonce les retards dans le plan stratégique national

La communauté internationale célèbr...

Névralgie pudendale

Névralgie pudendale

La reconnaître pour la traiter 

La névralgie pudendale est un sujet d’actualité qui a fait récem...

Santé

Santé

BioNTech va lancer un vaccin à ARNm contre le paludisme

Après avoir développé avec Pfizer un vaccin...

dans la même rubrique

Covid-19

Officiel

Covid-19

Vaccination

Etude

Vaccination

Copyright © 2021 Doctinews.

All rights reserved.