Les leçons d’Ebola

Les leçons d’Ebola

« Début décembre, on pourrait avoir de 5 000 à 10 000 nouveaux cas par semaine », à déclaré le Dr Bruce Aylward, directeur général adjoint de l’Organisation mondiale de la santé le 14 octobre dernier à propos de l’épidémie d’Ebola. De quoi secouer la communauté internationale qui, se croyant peut-être un peu trop à l’abri avant que l’apparition de quelques cas aux Etats-Unis ou en Espagne ne la déstabilise, n’avait pas jugé bon de réagir jusque-là !

Ismail berrada

Directeur de publication et de la rédaction

Doctinews N°71 Novembre 2014

 

L’exemple du Nigéria montre pourtant qu’il est possible de mener une lutte efficace contre la propagation du virus. Le premier cas a été enregistré le 20 juillet 2014 à Lagos. Au total, 20 victimes (seulement) ont été dénombrées dans le pays, dont huit sont mortes, sur une population de 170 millions de personnes. Le 20 octobre, la fin officielle de l’épidémie d’Ebola a été déclarée au Nigéria. Mais à la différence de la Guinée, du Libéria ou de la Sierra Léone, le Nigéria produit du pétrole et fournit du gaz à grande échelle. Et même si elles sont loin d’être équitablement réparties, le pays possède des richesses et une organisation qui lui ont permis d’agir rapidement et efficacement, en coordination étroite avec des agences internationales.

l'exemple du nigéria montre qu'il est possible de lutter contre la propagation du virus

Force est de constater, une fois de plus, que les catastrophes, sanitaires ou météorologiques, font toujours plus de dégâts dans les pays pauvres, désorganisés et dénués d’attraits stratégique ou économique. Force est de constater, une fois de plus également, que l’aide internationale ne se met en place que lorsque la menace est à ses pieds. Plusieurs experts en santé publique ont ainsi affirmé que l’extension de l’épidémie en Guinée, au Libéria et en Sierra Léone est en grande partie due à la faiblesse de l’aide logistique. La Commission européenne a attendu le 20 octobre 2014 pour annoncer le déblocage d’une enveloppe de 180 millions d’euros d’aide humanitaire et d’aide au développement dans les pays touchés par l’épidémie. Elle vient d’ajouter une enveloppe de 24,4 millions d’euros pour financer cinq projets de recherche jugés comme « les plus prometteurs pour mettre au point traitements et vaccins contre Ebola » pour reprendre les propos du président de la Commission européenne. Pourtant, le virus Ebola est connu depuis près de 40 ans ! Mais il a eu cette « particularité » de n’affecter que des pays pauvres et sur un seul continent !
Au moins cette expérience, espérons-le, servira-t-elle d’exemple… à ne pas reproduire à l’avenir.

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