La fin du mercure

La fin du mercure

Entre 1932 et 1968, une usine qui produisait de l’acide acétique a déversé des déchets liquides dans la baie de Minamata. Ces rejets, fortement concentrés en méthyle mercure, ont contaminé le poisson et les coquillages, principal moyen de subsistance des résidents locaux notamment.

Ismail berrada

Directeur de publication et de la rédaction

Doctinews N°74 Février 2015

Conséquence, près de 2 000 personnes ont été officiellement reconnues comme étant atteintes de la « maladie de Minamata » qui provoque une réduction du champ visuel, une altération de l’audition et de la parole, des troubles de la sensibilité, une perte de coordination des membres, des convulsions et tremblements et des troubles mentaux, notamment chez les enfants nés de mères contaminées, et au moins 50 000 personnes ont été contaminées. Certaines en sont mortes et d’autres en souffrent encore.
S’il est présent à l’état naturel dans l’écorce terrestre, le mercure est rejeté en grandes quantités dans l’environnement par l’activité humaine. Or, « le mercure est l’une des dix principales substances chimiques très préoccupantes pour la santé publique ; elle se disperse dans les écosystèmes et y demeure pendant des générations, entraînant de graves problèmes de santé et des déficiences intellectuelles pour les populations exposées », a déclaré Margaret Chan, directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, le 11 octobre 2013 à l’occasion du lancement de l’initiative « Pour des soins de santé sans mercure d’ici 2020 », destinée à marquer la signature de la Convention de Minamata.

les thermomètres et les sphygmomanomètres a mercure vont disparaître

Cent quarante pays, dont le Maroc, sont signataires de cette convention qui prévoit une série de mesures qui s’appliqueront à la production, à l’importation et à l’utilisation du mercure. Un article est consacré à la santé qui vise notamment les cosmétiques à teneur en mercure supérieure à 1 ppm, les antiseptiques locaux, les thermomètres et les sphygmomanomètres qui ne devront plus être utilisés d’ici 2020. En ce qui concerne les amalgames dentaires, aucune date n’a été fixée, mais ils devront être progressivement éliminés.
Un projet de loi portant approbation de la convention de Minamata sur le mercure vient d’être déposé au secrétariat général du gouvernement. Plusieurs étapes sont encore nécessaires avant une publication au Bulletin officiel, mais un premier pas est franchi dont on ne peut que se réjouir ! A suivre.

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