enfin !

Plus question de parler à mots couverts de la légalisation de l’avortement

Enfin, un débat national sur l’avortement ! Après des années passées à se voiler la face sur les tragédies engendrées par la loi qui régit l’avortement et qui conduit de nombreuses femmes à se tourner vers l’avortement clandestin, le Maroc ouvre enfin les yeux.

Ismail berrada

Directeur de publication et de la rédaction

Doctinews N°76 Avril 2015

Alors que le ministère de la Santé a lancé le 11 mars dernier un débat national sur le sujet, un autre débat a été organisé quelques jours plus tard, le 16 mars, à l’initiative de l’Association marocaine de lutte contre l’avortement clandestin, dirigée par le Pr Chafik Chraibi. Cette date restera sûrement gravée dans les mémoires puisque ce même jour, le 16 mars 2015, le roi Mohammed VI recevait le ministre de la Justice et des libertés, le ministre des Habous et des Affaires islamiques et le président du Conseil national des droits de l’Homme qui ont été chargés de mener des rencontres et des consultations élargies pour formuler des propositions de réforme de la loi sur l’avortement.

 

 Plus question de parler à mots couverts de la légalisation de l’avortement

Plus question donc de parler à mots couverts de la légalisation de l’avortement et du dépoussiérage d’une loi que le ministre lui-même a qualifié de « très restrictive, non équitable, dépassée et qui ne tient pas compte de la réalité de la vie des Marocains ».
 Il était temps d’agir car, chaque jour, entre 600 à 800 femmes recourent à l’avortement clandestin, médicalisé quand elles en ont les moyens et à l’aide d’herbes ou d’aiguilles à tricoter quand elles ne les ont pas ! Conséquences, en 2010, selon les chiffres du ministère, 4,2 % des mortalités maternelles ont été directement liés à l’avortement clandestin. Sans parler des complications post-avortement, des infanticides, des abandons d’enfants, des suicides…
Permettre aux médecins de pratiquer l’avortement dans la transparence, et donc dans un cadre de sécurité sanitaire, est un minima. Permettre aux femmes ou aux jeunes filles qui souhaitent avorter de franchir librement les portes d’une structure sanitaire avec la garantie d’une prise en charge en est un autre. Dans quels cas et sous quels délais ? Voilà ce qui sera le plus difficile à déterminer ! Toujours est-il que la nécessaire réforme de la loi est sur les rails et que le ministère prévoit de l’accompagner de mesures préventives, notamment à travers l’éducation sexuelle des jeunes et des adolescents. Un préalable indispensable.

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