Cancer du poumon

Cancer du poumon 19 décembre 2019

 Vers une meilleure prise en charge des patients

Chaque mois de novembre, la communauté scientifique internationale et marocaine se mobilise pour sensibiliser à la fois l’opinion publique et les professionnels de santé à l’importance du dépistage et de la prise en charge précoce des patients atteints de cancer du poumon. Au Maroc, les chiffres issus du Registre des Cancers du Grand Casablanca montrent que cette pathologie occupe le deuxième rang en termes de prévalence chez les deux sexes, avec une proportion de 11,4 %. Chez l’homme, ce type de cancer occupe le premier rang (23% des cas enregistré). De plus, selon les statistiques de l’Organisation mondiale de la santé, le cancer du poumon est le premier en termes de mortalité par cancer chez l’homme au Maroc (25 % des décès par cancer). Il s’agit donc d’un vrai problème de santé publique auquel la recherche scientifique tante d’apporter de nouvelles solutions thérapeutiques.

L’immunothérapie est en passe de révolutionner la prise en charge du cancer. Cette thérapie innovante est le fruit de plusieurs années de recherche et d’études cliniques d’envergure qui ont confirmé son efficacité, notamment pour le traitement du cancer du poumon non à petites cellules. Contrairement à la chimiothérapie, qui vise la cellule cancéreuse, l’immunothérapie restaure l’activité du système immunitaire de manière à ce qu’il reconnaisse et détruise lui-même les cellules cancéreuses. Cette thérapie innovante ouvre des perspectives prometteuses dans la prise en charge du cancer.

Une efficacité confirmée

Les résultats des essais cliniques de phase trois dédiés à l’immunothérapie sont positifs. Ces essais ont comparé l’immunothérapie au traitement standard, qui est la plupart du temps une chimiothérapie. Ils ont été menés avec plusieurs molécules dont le pembrolizumab et ont montré une efficacité incontestable. Pour le pembrolizumab, ils ont révélé que le fait d’associer l’immunothérapie à la chimiothérapie permet d’obtenir de meilleurs résultats qu’avec une chimiothérapie seule. En effet, l’ajout du pembrolizumab à la chimiothérapie standard a presque doublé la survie globale des patients (de 11,7 mois avec la chimiothérapie seule à 22 mois avec la combinaison) et a entrainé une diminution du risque de décès et de progression de la maladie de 50 % comparé à la chimiothérapie seule, avec un profil de toxicité acceptable et gérable. Des essais cliniques pour d’autres situations, notamment les cancers précoces de stade 1,2 ou 3 opérables, sont menés pour savoir si l’immunothérapie doit être prescrite avant ou après la chirurgie sont actuellement en cours. Les études s’intéressent également à l’intérêt de cette thérapie chez les patients atteints d’un cancer bronchique à petites cellules pour lequel il y aurait visiblement un gain mais qui reste encore à confirmer.

Un champ d’application plus large

L’immunothérapie a prouvé son efficacité dans le traitement de plusieurs types de cancers tels que le cancer de la peau, le cancer du rein, le cancer de la vessie, la maladie de Hodgkin, le cancer du poumon, le cancer du sein et les cancers ORL. Des études scientifiques pour évaluer l’intérêt de cette thérapie dans la prise en charge d’autres types de cancer sont en cours. Elles devraient permettre d’élargir le champ d’application de l’immunothérapie et définir de nouveaux protocoles thérapeutiques adaptés à chaque type de cancer. Au-delà des indications de cette nouvelle thérapie et de ses bénéfices, le défi aujourd’hui est d’identifier les patients qui répondent au traitement afin, d’une part, d’éviter des effets indésirables inutiles et, d’autre part, conserver leurs chances de rémission. La question de l’accès des patients à l’immunothérapie est un autre aspect évoqué aujourd’hui par les cliniciens qui désirent faire bénéficier leurs patients de cette nouvelle thérapie prometteuse. Sans le remboursement de ce traitement par les organismes d’assurance maladie, les patients, surtout ceux dont les ressources financières sont limitées, auront beaucoup de mal à y accéder.

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