Maladie de Ménière

Maladie de Ménière 10 septembre 2020

TOUR D’HORIZON EN 2020

L’Amicale des ORL de Tanger, en partenariat avec la Société Marocaine d'Étude du Vertige et du Trouble de l'Équilibre (SMEVE) et en collaboration avec les laboratoires Bottu, a organisé un webinaire autour de la maladie de Ménière.

Ainsi, les experts ayant participé à ce webinaire, ont fait un tour d’horizon de cette maladie qui garde toujours un mystère sur le plan physiopathologique, ce qui rend son diagnostic et sa prise en charge difficiles.

Plusieurs théories étiopathogéniques

Le Pr Reda Abada, exerçant au service ORL du CHU de Casablanca, a entamé la conférence avec une présentation sur la physiopathologie de la maladie de Ménière. Il a avancé qu’il existe une multitude de théories éthiopathogéniques qui confluent toutes vers l’hydrops en tant que marqueur de la maladie même si la relation entre celui-ci et la génération des symptômes demeure toujours méconnue. En outre, il existe une autre théorie défendue actuellement et qui est celle des décharges électrolytiques. Ceci dit, cette théorie nécessite d’approfondir davantage les connaissances pour la confirmer. Le Pr Abada a poursuivi avec une présentation sur le diagnostic différentiel de la maladie. Il a rappelé que le diagnostic est basé essentiellement sur l’interrogatoire. Il a également expliqué que face aux cas atypiques, il faut obligatoirement penser aux diagnostics différentiels, notamment l’IRM. Quant aux perspectives, elles concernent essentiellement les études électro physiologiques et l’imagerie.

Un bilan fonctionnel ciblé

Pour sa part, le Dr Moufarreh Mounia, ORL, a abordé la maladie sous son aspect clinique et a soutenu que le diagnostic de cette maladie peut être facile dans des formes types mais peut s’avérer plus compliqué dans les formes débutantes ou atypiques. Elle a indiqué que l’une des problématiques de cette maladie est sa similitude clinique avec certaines pathologies comme la migraine vestibulaire, ce qui peut prêter à confusion retardant ainsi la prise en charge du patient. De plus, le mode évolutif de cette pathologie peut également conduire à un retard de diagnostic. La spécialiste a aussi mis en garde contre le surdiagnostic de cette maladie. Ensuite, le Pr Anne Charpiot du CHU de Strasbourg a fait un bilan para clinique de la maladie, pour elle, l’interrogatoire du patient est le plus important et le diagnostic est clinique en général. Le bilan fonctionnel doit être ciblé pour savoir adapter la prise en charge (appareillage, kiné vestibulaire, chirurgie..). Le Dr Berrada Noureddine, ORL, a, quant à lui, conclu avec un exposé sur le traitement médical de la maladie de Ménière à l’issu duquel il a soutenu qu’il n’y avait pas encore un traitement miracle contre cette maladie. Pour lui, la démarche à suivre s’appuie sur l’adaptation à la plainte du patient. Il a expliqué que le praticien doit commencer par les mesures les moins invasives et réserver les traitements suppresseurs de la fonction vestibulaire comme traitement de dernier recours. Il faut également prendre le temps d’expliquer au patient sa maladie et les différentes options thérapeutiques. Tout ceci dans l’objectif d’éviter au patient les crises de vertige et de réduire leur fréquence, mais aussi la perte auditive, la catastrophe otolithique de Tumarkin, qui constitue une situation très angoissante pour le patient, ou encore la bilatéralisation.

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