Journée mondiale du don et de la greffe d’organes

Journée mondiale du don et de la greffe d’organes 08 octobre 2020

SEULEMENT 630 TRANSPLANTATIONS RÉNALES EN 34 ANS AU MAROC !

La transplantation rénale (TR) constitue de nos jours le traitement idéal de l’insuffisance rénale chronique. Elle permet non seulement de prolonger la vie, mais aussi d’assurer une meilleure qualité de vie et une réduction à long terme des coûts pour le malade, sa famille, ainsi que pour les organismes d’assurance maladie. 

Doctinews N°136 octobre 2020

Par le Pr Amal BOURQUIA

Professeur de néphrologie et dialyse et présidente de l'association marocaine de lutte contre les maladies rénales Reins, experte en éthique médicale et communication médicale.


Dans le monde, il persiste un problème majeur de l’inadéquation entre le nombre de candidats à la transplantation sans cesse croissant, en comparaison à celui des donneurs. L’essor de cette technique a permis de transplanter de plus en plus de personnes dans le besoin. Le prélèvement d’organes suivi de greffes est une manifestation concrète de la réalité de la générosité dont peut témoigner l’être humain. Comment alors amener les responsables, les décideurs, les scientifiques à se concerter pour faire concorder l’ensemble de paramètres. Il est important de faire face à l’ampleur de la demande, la défaillance des moyens et de la logistique, l’insuffisance de la formation des soignants et de l’information de la population. L’évidence devant être formulé, c’est que la dialyse ne doit rester qu’une solution d’attente.

Quelle est la situation de la greffe rénale au Maroc ?

C’est en 1986 que la première greffe rénale avec donneur vivant a été réalisée au Maroc avec une aide étrangère. En 1990, la première transplantation avec une équipe totalement marocaine a eu lieu. Cependant, à ce jour, le Maroc n’a pu effectuer que 630 greffes rénales, dont 60 à partir de sujets en état de mort encéphalique, et environ 17 greffes par million d’habitants depuis 1990. Des chiffres dérisoires comparés à la demande. Il existe 7 centres autorisés, tous dans le secteur public. Et si c’était cela l’obstacle réel au développement de la transplantation d’organes ? 1

100 donneurs potentiels inscrits en 21 ans

Les candidats éventuels au don d’organes après la mort sont rares au Maroc. Depuis 1989, seules 11 00 personnes, dont plus de 800 à Casablanca, se sont inscrites aux registres de don d’organes après la mort, mis à la disposition des volontaires au niveau des différents tribunaux de première instance du royaume. Le Maroc connaît des difficultés de recours au donneur vivant et une rareté de donneurs en état de mort encéphalique. La méconnaissance de la part des patients des aspects médicaux, de la législation, du point de vue de la religion et la rareté de la discussion ainsi que de l‘information sur le sujet, pourraient expliquer en partie cette situation. De nombreuses études ont été réalisées par l’association REINS, mais sans jamais aboutir à un travail pour faire face à ces insuffisances.

Seulement 600 transplantations rénales en 34 ans

Ce chiffre ne traduit ni le niveau médical du Maroc ni la générosité des Marocains. Cependant, une analyse profonde est de mise pour lever le voile sur les insuffisances et décupler les efforts afin d’augmenter le nombre de transplantations dans un pays où le besoin est très important. En effet, la greffe de rein au Maroc est une nécessité et non un choix. Elle doit donc faire l’objet d’un réel engagement de la part de notre société, dans la mesure où elle nous concerne tous. Chaque jour, des hommes, des femmes et des enfants meurent parce qu’ils n’ont pas pu être transplantés au moment opportun... Ils quittent ce bas monde alors que la médecine aurait été en mesure de les sauver. Faut-il également rappeler qu’au Maroc, plus de 30 000 patients sont sous dialyse. Un chiffre qui augmente en permanence alors que le nombre des greffes ne dépasse guère les 600 interventions. La majorité de ces patients espèrent un jour se faire greffer un rein pour soulager leur souffrance et améliorer leur qualité de leur vie. Il est donc grand temps de développer régulièrement des actions de communication et d’information sur les maladies rénales pour être proche du citoyen et l’aider à faire son choix en ayant toutes les informations nécessaires. En somme, le don d’organes est un acte de générosité, citoyen, permettant de sauver des vies, que l’Islam encourage et que la loi encadre de façon très précise. C’est ainsi que REINS a organisé de nombreuses sessions de signatures du registres du don au niveau des tribunaux de première instance. Nous sommes tous concernés, personne n’est à l’abri !

 

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